Archives pour la catégorie 'Général'

mes excuses - le communiqué

Vendredi 29 avril 2011

Le président du Conseil de la souveraineté du Québec, Gérald Larose, a tenu à présenter ses excuses pour les propos exprimés lors d’une conférence de presse tenue un peu plus tôt aujourd’hui au quartier général du Bloc Québécois à Montréal.

« L’avenir du Québec en tant que peuple pouvant assumer pleinement son destin a toujours été au centre de mes préoccupations et les enjeux soulevés par la situation devant laquelle se retrouvent actuellement les Québécoises et les Québécois, à quelques jours d’une élection cruciale, me préoccupent grandement. Cette préoccupation face aux choix qui seront bientôt faits par mes concitoyennes et concitoyens québécois ne saurait toutefois justifier d’avoir recours à des termes abusifs à l’égard de membres des autres formations politiques. En ce sens, je regrette sincèrement certains termes inappropriés que j’ai utilisés à l’occasion de cette conférence de presse. Je souhaite de tout cœur que l’exercice démocratique dans lequel nous sommes tous plongés puisse se poursuivre dans le respect mutuel de tous les participants », a déclaré Gérald Larose.

27 avril 2011

En bateau pour la troisième fois!

Vendredi 29 avril 2011

“Un non qui veut dire un oui. Un oui qui veut dire un non”! Les plus jeunes ne s’en rappellent pas. C’était en 1980. Trudeau promettait de régler le problème des rapports Québec/Canada. 74 des 75 députés du Québec étaient libéraux. Bien du monde y croyait.

Puis ce fut Mulroney: “Intégrer le Québec dans le Canada dans l’honneur et l’enthousiasme”. Ce fut la vague bleue, Historique. Le même monde y a cru.

Aujourd’hui c’est la vague orange. ”Des conditions gagnantes pour le Québec dans le Canada” ou “du Canada au Québec”, c’est selon! Le bateau est au quai. La croisière est prête. “En bâteau!”. Pour la troisième fois.

Peut-être n’ai-je pas le pied marin. Je n’ai pris aucune de ces croisières. Et je ne prendrai pas celle-ci non plus. Comme celles qui l’ont prédédée, on connaît sa destination: no where. Car les Canadiens, à la hauteur de 83%, refusent de reconnaître le Québec comme nation.

Bien des gens voudraient qu’on le taise. Ce n’est pas le genre de la maison. J’ai toujours aimé travailler avec la réalité et la vérité. Parfois subtilement. Parfois crûment. J’ai regretté avoir utilisé un anglicisme vernaculaire que le peuple comprend mais qui ne sied absolument pas audébat publique et politique. Des termes très français existent qui auraient eu l’avantage de ne pas faire dévier le débat: tromper, duper, leurrer, induire en erreur, conduire en bateau, etc. Sans me rabaisser à faire usage de la langue de bois, je redoublerai d’attention pour que les mots choisis ne prêtent pas flanc à la controverse sémantique.

Cela dit, à une question que Michel Desautels, journaliste de Radio-Canada, posait à Jack Layton, hier en fin d’après-midi, sur ses propositions quant au statut du Québec, ce dernier à répondu qu’il fallait changer le gouvernement Harper, se préoccuper des familles et améliorer l’environnement. Curieux non?

Oui ou non veut-il intégrer la notion de nation dans la Constitution? Oui ou non est-il d’accord pour que le Québec ait les pleins pouvoirs exclusifs en matière de culture, de langue, d’immigration et de développement régional? La réponse à ces seules questions donneraient des indications. Que ces réponses viennent avant le 2 mai s’impose pour qui le processus démocratique est important.

Elles ne viendront pas? Alors il nous faudra conclure que Jack Layton comme Ignatieff et Harper, relativement à la question du Québec, est un imposteur.

BLOC/NPD Outre la « baloune » médiatique

Lundi 25 avril 2011

Même les paranoïaques ont des ennemis! Soudain, sans idée originale, sans éclat de voix et sans geste spectaculaire ils auraient gagné 12 points. Personne ne l’avait vu venir et, encore moins, recensé sur le terrain. Il a fallu un sondage politique Crop-La Presse par internet et sans marge d’erreur pour nous apprendre qu’au Québec le NPD devançait le BLOC. Et la machine médiatique s’est déchaînée. Depuis elle n’en a eu que pour le NPD. Oublié les connections de la mafia avec le bureau du premier ministre. Oublié les commandes sans soumissions des trois fois le prix F-35 et sans garanties de retombées dans l’aéronautique du Québec. Oublié le refus de reporter de quelques semaines la date du dépôt des soumissions dans le naval qui aurait pu permettre à Lévis de se “qualifier” pour l’obtention de 30 milliards de contrats. Oublié le rôdage des intégristes religieux anti-droits des femmes dans l’entourage de la députation conservatrice et la présence de créationnistes dans le cabinet des ministres de Harper. Et oublié la conception étriquée que ce gouvernement a de la démocratie en fermant le parlement, en mentant effrontément en chambre et en refusant aux députés l’accès aux documents essentiels à l’exercice de leurs responsabilités de législateurs.

Outre la “baloune” médiatique, il y a des enjeux réels que d’honnêtes citoyens soulèvent. Je veux m’y attarder.

Quelques uns soulèvent la question du pouvoir, laissant entendre qu’en dehors du pouvoir formel il n’y a pas de pouvoir réel. Le BLOC ne siégeant pas au cabinet des ministres serait sans pouvoir? Rien de plus faux.

Le seul fait que l’élection massive de députés du BLOC au Québec empêche la formation d’un gouvernement majoritaire au Canada illustre, on ne peut mieux, que le BLOC a un sacré pouvoir.

Quand on sait que numériquement, à partir du seul territoire québécois, le BLOC a systématiquement eu plus de députés, et parfois jusqu’à trois plus de députés, que le NPD qui, lui, les fait élire à partir de tout le territoire canadien, c’est dire que son seul poids quantitatif est autrement plus important que celui du NPD.

Quand en plus, on constate que la députation du BLOC est 100% québécoise et donc uniquement dédiée aux intérêts du Québec et que la députation québécoise de tous les autres partis est radicalement minoritaire et systématiquement noyée dans un ensemble canadien qui porte des valeurs et adopte des projets contraires à ceux du Québec, qui du BLOC ou des députations québécoises minoritaires canadiennes a le plus de pouvoir pour défendre le Québec?

Qui a obtenu que le Canada reconnaisse la nation québécoise? Le BLOC. Les partis fédéralistes et leurs minorités québécoises complices ont ajouté “dans un Canada uni”. Soit. Le jour où le Canada ne sera plus uni, qui croit que le Québec ne sera plus une nation?

Le Québec étant aux prises avec les gangs criminalisés (Hells Angels, Nomades, etc.) qui a obtenu les modifications majeures au code criminel, dont le renversement de la preuve, dans les cas de crime de gangstérisme? Et la disparition du sixième de la peine pour les criminels en cravate et pour tous les Lacroix et Jones de cette société? Le BLOC.

Et, après toutes ces années, qui a obtenu la reconnaissance du génocide arménien? Le BLOC. Etc. Etc.

Laisser entendre que dans l’opposition le BLOC n’a pas de pouvoir ou qu’il n’obtient rien est totalement faux. Et le NPD aurait proposé et obtenu plus que ce que le BLOC a proposé et obtenu? Où est la preuve?

Systématiquement, aux moments charnières où le Québec aurait pu intégrer harmonieusement le Canada des ténors du NPD du Canada ou des provinces anglaises (Romanow, Blakeney, Rae, Eliijha Harper, et toute la députation NPD) se sont offerts pour faire la job de bras au Québec. Quand on le leur rappelle, spontanément, ils reprennent ce qu’Ignatieff a dit au débat: “Mais nous sommes en 2011. C’est du passé”. Ainsi pour eux comme pour Ignatieff le temps aurait pour fonction de faire disparaître la discrimination, les vols et les injustices.

“Mais Claude (Robinson) nous sommes en 2011″. C’est CINAR qui parle: “Tu devrais oublier que nous t’avons volé ton oeuvre et ruiné ta carrière d’auteur. Tu devrais passer à autre chose”. “Mais, les Patestiniens, nous sommes en 2011″. C’est Israël qui parle: “Vous devriez oublier que nous avons détruit vos biens, tué des vôtres et que nous occupons vos territoires depuis 1966. C’est de la vieille histoire. Il faudrait tourner la page.” Le Québec devrait oublier les alliances rompues, les ententes déchirées et surtout le vol de ses pouvoirs? Le Québec devrait se soumettre à la Cour suprême d’un État qui ne le reconnaît pas et qui invalide ses lois? En 2011, l’avenir d’un peuple serait “passé date”? Au moins si, contrairement à tous les autres partis fédéralistes, le NPD avait l’ombre du début d’une proposition. Niet. Et comme tous les autres il ne peut pas en avoir. Car s’il en avait il se ferait crucifier. Là-bas, au Canada, ce sont 83% des personnes qui sont contre la reconnaissance du Québec.

Dernier commentaire visant les cyniques, les pisse-vinaigre et autres désabusés de la chose publique. Je reconnais que ce ne sont pas les motifs qui manquent pour avoir des propos acerbes à l’endroit de celles et de ceux, toutes formations politiques confondues, qui nous représentent. Cependant, nous n’avons pas le droit de renoncer à notre devoir d’information, de débat ”raisonnable” (faisant appel à la raison), d’interpellation de ce qu’il y a de meilleur chez soi et chez nos concitoyens et de proposition visant à servir l’intérêt général et l’avenir des générations qui suivent.

Personnellement j’en suis arrivé à la conclusion que la définition de cet intérêt général et l’avenir des générations qui suivent seront mieux rencontrés et plus rapidement dans un Québec qui accédera directement au monde plutôt que dans un Québec enclavé dans le Canada. Des personnes ne partagent pas ce point de vue. Elles ne méritent pas le mépris. Celles qui sont de l’avis contraire, non plus. C’est la lente démocratie qui les départage.

Jack, désolé, ce sera non.

Jeudi 21 avril 2011

Mon cher Jack,


Je vous connais maintenant. Ce sera non. Pendant 20 ans j’ai voté NPD. Plus souvent NPD que BLOC. Huit fois pour vous. Six fois pour le BLOC. J’ai annulé mon bulletin aux élections de 1984 et de 1988. Le 2 mai, vous voudriez que je revienne à  vous? « What’s new », mon cher Jack?


À l’époque, sur la patinoire canadienne, vous étiez les plus progressistes. Vous étiez très centralisateurs mais les seuls à reconnaître la nation québécoise. Avec un peu d’imagination et  de « wishfull thinking »  je me convainquais que le NPD serait un allié du Québec. Vint, contre la volonté unanime de l’Assemblée nationale, le rapatriement unilatéral de la Constitution, la nuit de longs couteaux et  la promulgation par le Canada anglais d’une nouvelle Constitution dont le Québec fut exclu.


J’étais profondément troublé. C’était l’unanimité. Y compris dans  la députation du Québec alors toute libérale, 74 sur 75 (seul, Louis Duclos, député de Montmagny s’y oppossa). Où étaient nos alliés? Où était le NPD? Tous dans le même lit. J’ai décroché.


J’ai mis du temps à comprendre qu’indépendamment de votre bienveillance, de votre bonne volonté et de vos bons mots,  votre position sur l’échiquier canadien est objectivement intenable. Peut-être, vous personnellement, aimeriez  accommoder le Québec,   mais vous savez mieux que moi que  le peuple canadien ne  vous le permettra jamais. Et que si vous  vous y aventuriez, vos appuis au Canada anglais s’effondreraient.


Vos prédécesseurs le savaient. Vos vis-à-vis néo-démocrates dans les provinces canadiennes le savaient  également. Il n’y a pas de surprise à compter parmi les ennemis du Québec  un nombre impressionnant de néo-démocrates qui ont fait chavirer plusieurs alliances et déchirer plusieurs accords. Qu’il suffise de rappeler les noms de Romanow et Blakeney dans la nuit des longs couteaux, d’Elijah Harper dans l’enterrement de Meech et de Bob Rae dans l’accord ridiculement  insuffisant  de Charlottetown. Vous auriez pu vous amender lors de l’adoption de la loi de la clarté de Stéphane Dion. Loin de là. Vous en avez remis une couche. Broadbent le premier. Et ensuite le NPD,  au grand complet, sans hésiter.  


Jack, droit dans les yeux, vous êtes incapable de m’exposer  l’ombre du début d’une proposition qui pourrait changer quoi que ce soit au statut du Québec dans le Canada. Et vous n’êtes pas  seul. Il n’y a plus aucun fédéraliste canadien, ni québécois d’ailleurs, qui n’avance quelque proposition constitutionnelle que ce soit. Le blocage est  à 83% dans le peuple canadien. C’est à cette hauteur qu’il  refuse de reconnaître la nation québécoise. Vous pouvez toujours causer!


Ai-je besoin de vous rappeler que même si vous aviez l’intention de faire quelque chose, la  Constitution,  qu’au Canada  vous avez effrontément adoptée contre la volonté unanime de l’Assemblée nationale du Québec,  vous l’en empêche. Elle  exige tantôt l’unanimité, tantôt  l’accord au même moment de sept provinces représentant cinquante pour cent plus un de la population, le tout sans susciter de véto régional et après avoir gagné  des référendums  dans deux provinces. « Cette Constitution durera mille ans »  disait Trudeau ? Un peu plus peut-être?


Alors, où est l’avenir du Québec? Dans le Canada? Non , à moins qu’il ne consente à renoncer à ce qu’il est.  Ce qu’il ne fera jamais, croyez-moi. Son avenir réside dorénavant dans le statut normal d’un pays connecté directement aux autres pays. Et dans le cadre de la  mondialisation croissante, ça presse. 


Mais, entre vous et moi, abstraction faite de la question du Québec, voterais-je pour le NPD pour la qualité de son programme? De moins en moins facile, vous avouerais-je.  Votre « tataouinage » avec  le registre des armes à feu,  -Polytechnique, Dawson College et Concordia University, ce sont nos filles et nos garçons- ; le sans gêne avec lequel, tout comme Flaherty et Ignatieff,  vous pigez  17 milliards $ dans les poches des chômeurs pour financer votre gouvernance  et  l’insouciance que vous mettez à ne pas protéger le chantier maritime de Lévis, le seul de ce gabarit qui soit sur le fleuve Saint-Laurent, entament sérieusement le caractère progressiste de votre proposition. J’ai connu un NPD beaucoup plus audacieux. Au chapitre de l’économie et du social le BLOC n’est pas du tout en reste. Sa pratique serait même plus consistante et conséquente que la vôtre.    


J’ai la plus haute considération pour la pratique politique. C’est le fondement même de la démocratie.  Je voue une grande admiration pour tous ceux et toutes celles qui assument ces responsabilités en servant l’intérêt général avec éthique et probité.  Pour tout vous dire, Jack, j’estime que les membres du  gouvernement Harper en sont la parfaite contradiction et je ne souhaite à personne, ni au Canada,  d’avoir à subir sans retenue leur autorité. Je connais ailleurs les ravages que ce type de gouvernance a provoqués sur les populations.


Est-il opportun de vous rappeler  que le Canada est déjà  majoritairement conservateur. En effet, 62% des députés le sont.  Et que c’est le Québec souverainiste qui  jusqu’à ce jour les a tenus en respect. Tant que vous ne serez pas équipés au Canada pour changer cet état de chose,  permettez aux Québécois et aux Québécoises,  en votant en bloc pour le BLOC, de ne pas l’empirer.  Et cela, Jack, autant pour votre bien que pour le nôtre.


En espérant avoir été clair, je vous soumets mes cordiales salutations.


 

Old Harry. C’est 100%… sur ce que le Canada décidera!

Lundi 4 avril 2011

Ils en débattaient depuis longtemps. L’imminence de la campagne électorale canadienne aidant, une entente est intervenue. Comme il en était pour les provinces du Canada, Québec allait retirer 100% de ses dividendes. Le litige entourant le gisement Old Harry était enfin réglé. La ministre Normandeau triomphait. Il fallait se réjouir. Ce que nous fîmes. 48 heures plus tard, les détails fuitaient. C’est 100% des dividendes qui vont à Ottawa et qu’Ottawa reversera à Québec en fonction de la portion qu’il définira comme appartenant au Québec. Le plat de lentilles!

D’abord, la question des dividendes. De tout temps le Québec a apporté un soin jaloux à protéger ses rentrées de fonds. Duplessis s’était opposé à ce que le Canada perçoive en son nom l’impôt sur le revenu. Jean Lesage, en 1964, dans son accord avec Lester B. Pearson, avait élargi l’assiette fiscale du Québec en rendant automatique le virement d’un certain nombre de points de fiscalité. Robert Bourassa, en 1991, avait non seulement conservé l’administration de la TVQ mais obtenu que Québec administre la TPS du Canada. Jean Charest, lui, délibérément, abandonne cette ligne stratégique historique qui, depuis toujours, met le Québec à l’abri d’une portion importante du chantage que le Canada pratique à son endroit de façon assidue.

Ensuite la question du territoire. Québec n’a jamais reconnu que les fonds marins du Saint-Laurent soit un territoire fédéral. Non plus, il n’a jamais reconnu au Canada la responsabilité de s’immiscer dans la remise en question par Terre-Neuve de la frontière maritime de 1964 qui sépare ce dernier du Québec. Or, dans l’entente, dont on voulait que nous nous réjouissions, Charest a prévu confier au Canada la responsabilité de trancher.

Tant sur les dividendes que sur la portion du bassin Old Harry lui appartenant , le Québec sera dépendant du Canada. En plus, implicitement, Jean Charest reconnaît une juridiction du Canada sur les fonds marins du Saint-Laurent. C’est énorme! Comme recul.

Marché de dupes? Non. Marché de fédéralistes. « Canadian, first of all » et fédéraliste de choc, Charest explicite son projet : de gré ou de force intégrer le Québec dans le Canada.

Il se sait incapable de réformer le Canada pour que ce dernier fasse de la place au Québec. Comme tout le monde, il connait l’immense blocage des 83% des Canadiens qui ne reconnaissent pas le Québec comme nation et qui ne veulent rien savoir de lui. Lui qui tient mordicus à ce que le Québec demeure dans le Canada, que peut-il faire? L’affaiblir pour essayer de lui enlever le goût de voler de ses propres ailes.

Non seulement a-t-il bradé les ressources naturelles en compromettant l’avenir des générations futures du Québec, mais encore, aujourd’hui, Jean Charest déconstruit ses lignes de défense.

Un enjeu de plusieurs centaines de milliards. Encore plus grave que les commandites.

Une enquête publique, ça presse. Sinon, “décrisse”!

Jeudi 17 mars 2011
Et pourtant, j’ai à peu près tout lu. Je n’arrive pas à savoir qui exactement a pris la décision de nous déposséder de nos permis d’exploration et d’exploitation gazière et pétrolière. Qui? À partir de quel raisonnement? Suivant quelles modalités? Pour combien? Pour le savoir, faut-il une enquête publique? Impérativement.

Nous étions propriétaires d’un trésor. Nous l’avions confié à des fiduciaires. Puis, un jour, nous apprenons que nous en avons été dépossédés. En vertu de quoi? Au profit de qui? Irréversiblement? Où sont les explications?

Nous ne savons pas qui précisément a pris les décisions. Nous savons par ailleurs qu’ils sont tous fédéralistes. Pour une fois, cela aurait dû nous porter chance car, toujours, ils veulent que nous nous comparions au reste du Canada. Ils font même beaucoup d’efforts pour nous y intégrer en moulant nos institutions et nos politiques à celles de ce pays. Pourtant, en matière de droits d’exploration et de redevances, ils se sont abstenus d’importer le modèle canadien? C’est en décortiquant le rapport du BAPE que Le Devoir du 12 et 13 mars 2011 nous apprend que “s’il avait pris l’exemple de la Colombie-Britannique, c’est 30 milliards de dollars PAR ANNÉE que le Québec aurait pu empocher”.

On se rappellera que Jean Charest s’était empressé de déclencher une enquête publique sur les dépassements de coûts dans le projet de reconversion de l’usine Gaspésia. Il s’agissait d’un montant de 265 millions$.

Le même Jean Charest n’a pas hésité à nous faire payer 6 millions pour faire présider par son ami Bastarache une enquête publique visant à le blanchir d’ingérence “libérale” dans la nomination des juges. L’enjeu économique était relativement modeste: 700,000$ de poursuite contre Bellemarre et/ou le 900,000$ de poursuite de Bellemarre contre Charest.

Plus tôt, la Caisse de dépôts et placements du Québec avait connu une perte de 40 milliards$. Pas d’enquête publique.

Plus tard on apprend que les travaux publics de construction seraient systématiquement surfacturés par corruption et collusion à la hauteur de 30%. Sur 40 milliards$ de travaux, ça fait tout de même 13 milliards$. Toujours pas d’enquête publique.

Et maintenant on se fait déposséder de nos titres. AU surplus, au lieu de 30 milliards$ PAR ANNÉE, c’est 1 million$ que nous retirerons pour les droits d’exploration.

Toutes les limites sont dépassées. Nous sommes victimes d’une arnaque indicible. Vraisemblablement justifiée par un projet politique qui vise à mettre à genoux le Québec pour les cinquante prochaines années. Une enquête publique! Ça presse. Sinon, décrisse!

La dépendance nous fait aussi courir des risques nucléaires

Vendredi 11 février 2011

L’Ontario a fait le choix du nucléaire depuis des lustres. Choix qui s’est avéré couteux, toujours plus couteux. Choix qui produit des résidus radioactifs hyper toxiques et toujours plus de résidus. C’était connu. C’était son choix. Le minimum qu’on lui demande c’est de vivre avec son choix. Avec la totalité de son choix. Et donc de traiter lui-même chez lui ses résidus. «À chacun ses merdes», disent les Français.

Eh non! Au lieu de développer sa propre expertise et de les traiter chez lui, l’Ontario a décidé de trimballer ses résidus sur 12 000 kilomètres. Déjà, c’est aberrant! Plus que cela, il passera par le jardin de ses voisins en flottant sur les eaux potables de 40 millions de personnes. Quelqu’un est tombé sur la tête?

«Il n’y a pas de danger», nous dit le sémillant ministre du patronage du Canada au Québec, Christian Paradis. Et il n’y a personne de plus rassuré que lui! Et pour cause, c’est Bruce Power elle-même, la compagnie qui transbahute les déchets, qui le lui a dit! Y a-t-il plus fiable que la compagnie? Voyons donc!

Les maires des agglomérations riveraines se mobilisent. Les groupes écologistes également. Et les citoyens seront au rendez-vous. Un formidable barrage humain se construit pour endiguer la volonté de faire l’impensable au risque de causer l’irréparable. Le Québec n’est pas une poubelle. Et le Saint-Laurent n’est pas un égout à ciel ouvert pour liquider les merdes irradiées des autres. Jamais le moindre risque de contamination nucléaire ne doit être pris. Surtout pas par d’autres sur notre propre territoire.

Pouvons-nous compter sur le gouvernement du Québec? Non. Il n’y a plus de gouvernement à Québec. La preuve? Son ineffable ministre de l’Environnement, sur cette question, ne veut surtout pas de «chicane». «Nous allons discuter avec le fédéral dans le respect des institutions canadiennes.» Or, en cette matière, les «institutions canadiennes» stipulent que ce n’est pas le Québec qui décide de l’usage de ses cours d’eau et de ses plans d’eau, c’est le Canada.

Et le Canada a décidé que le fleuve Saint-Laurent du Québec serait une autoroute pour le nucléaire. Cela vient avec le statut de province. Le gouvernement Charest sait cela. En bon fédéraliste, il accepte cela.

Pourquoi l’Ontario ne passe-t-il pas par la terre ferme? De ses Grands Lacs jusqu’à la côte Est en passant par les États-Unis? C’est plein de voies ferrées et d’autoroutes. C’est autrement moins compliqué. Pourquoi donc? Parce que les États-Unis s’y opposent et que leur statut de pays souverain leur permet de dire non sans que le Canada n’y puisse rien.

Pourquoi passe-t-il par le Québec, voie beaucoup plus longue et compliquée, voie aux conséquences plus dévastatrices que celles de l’explosion de la BP dans le Golfe du Mexique en cas d’accident? Parce que le Québec est une province et que, comme province, il n’a pas le choix de subir la décision de ceux qui le dominent et de vivre avec les dangers qu’ils lui font courir. C’est cela, la dépendance.

Le Québec serait un pays, l’Ontario n’aurait même pas songé à passer par chez lui et il serait déjà à développer son expertise. Mais le Québec est une province. On peut lui passer sur le corps.

Nous forcer à nous lire à travers les autres

Mardi 8 février 2011
Le 1er février 2011, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) s’est présentée en commission parlementaire pour s’opposer aux dispositions anti-briseurs de grève du Code du travail du Québec. Classique. Aucune surprise. Et c’est son droit. Les arguments par contre, une imposture! Et la méthode, une entreprise d’intoxication politique.

Il faut lire ce mémoire. Un condensé de mensonges. Les dispositions anti-briseurs de grève seraient une catastrophe économique. Une catastrophe économique avec un taux de chômage du Québec à 7,9%, inférieur à celui de ses voisins «non hypothéqués», au dire de la FCCQ, par des dispositions anti-briseurs de grève? L’Ontario est à 8,1%, le Nouveau-Brunswick à 9,1% et les USA à 9%.

Les taux de syndicalisation seraient une entrave à la croissance et à la création de la richesse? Comment se fait-il que l’Ontario, avec un taux de syndicalisation à 31,6%, ait connu, au cours des 10 dernières années, une croissance moyenne de son PIB par habitant de 0,4%, le Québec avec un taux de syndicalisation supérieur de 39,6%, une croissance moyenne de son PIB par habitant de 1,2%, et Terre-Neuve avec un taux de syndicalisation de 39,7%, une croissance moyenne de son PIB par habitant de 3,6%?

La FCCQ a tout faux. Y compris les études qu’elle soumet à notre attention. Elle évoque des études de soi-disant experts dont les calculs remontent à 1966 alors que la loi anti-briseurs de grève du Québec a été adoptée en 1977! Et comme les plus anciens s’en rappellent, la période de 1966 à 1977 au Québec a été celle des conflits les plus longs et les plus difficiles de son histoire qui, précisément, a conduit le gouvernement de René Lévesque à bannir l’utilisation des fiers-à-bras dans la résolution des conflits de travail. Résultat : dès son adoption, la durée moyenne des conflits, qui était de 171 jours, est tombée à 36 jours. Et la violence a pratiquement disparu.

Le plus vicieux dans la méthode de la FCCQ, c’est que son texte ne contient aucune référence québécoise, d’aucun chercheur québécois, d’aucune institution québécoise, d’aucune école de relations industrielles québécoise (Laval, Montréal et McGill étant pourtant très bien cotées au niveau international), ni d’aucune revue scientifique québécoise.

La FCCQ a fait appel exclusivement à des auteurs et des études d’institutions canadiennes de l’Ouest. Notamment le Fraser Institute qui ne connaît rien de la réalité québécoise, encore moins de l’économie générale des relations de travail. Ce qui intéresse la FCCQ n’est pas tant le réel concret que l’idéologie.

Et il est vrai que l’idéologie de droite pousse plutôt bien dans les terres de l’Ouest. Ce faisant, cependant, la FCCQ occulte l’existence de la véritable compétence scientifique en matière de relations de travail, qui est québécoise, pour nous forcer à nous lire à travers les autres, qu’elle présente comme des spécialistes et qui s’avèrent être des fumistes et des idéologues.

La méthode est connue : nous lire à travers les autres en niant notre propre compétence à nous lire nous-mêmes avec notre propre originalité. Les référents qu’ils nous martèlent sont invariablement canadiens. Leur entreprise vise à nous formater le cerveau pour qu’il nous soit difficile de réfléchir, de créer et d’entreprendre à partir de notre propre réel. Ce faisant, ils espèrent que nous renoncerons à nous projeter en avant et sur le monde pour exister vraiment et rayonner. C’est une pratique d’intoxication politique qu’il nous faut dénoncer.

Bastarache, une «distraction»?

Lundi 6 décembre 2010
Il a fait la première page à plusieurs reprises. Régulièrement sa commission ouvrait les bulletins de nouvelles. Pendant des semaines, Bastarache a tenu le devant de scène des actualités. Il avait à se pencher sur le processus québécois de nomination des juges et à vérifier si Jean Charest y avait contrevenu. Après le report du mois d’octobre, son rapport était attendu pour le 1er décembre. Finalement il sera publié au printemps. Mais au bout du compte, se peut-il que ce ne soit qu’un «show de boucane»? Un show distrayant, au sens où il aurait attiré l’attention sur une chose pour mieux la détourner de la vraie chose?

Le système juridique canadien est ainsi fait que le Québec ne contrôle que la «basse-cour» pour reprendre l’expression de feu Michel Chartrand. Les vraies décisions et la jurisprudence qui balisent les décisions de la «basse-cour» se font dans les tribunaux supérieurs contrôlés de A à Z par le fédéral sans que le Québec ait quoi que ce soit à dire. Et comment sont nommés ces juges? À partir de quels critères? À quelles fins?

Est-il important de rappeler que dans le Canada refondé par Trudeau en 1982, en allant contre la volonté de l’Assemblée nationale du Québec et en réduisant les pouvoirs de cette dernière pour la sanctionner explicitement d’avoir voté la Charte de la langue française (loi 101), les tribunaux jouent dorénavant un rôle politique important et sont systématiquement mis à contribution pour le Canadian nation building. On comprendra qu’au fédéral le choix des juges est capital. Rien n’est laissé au hasard.

Bastarache lui-même doit à Jean Chrétien et à sa cour immédiate qu’il avait fréquentée dans un grand cabinet d’avocats de Toronto sa nomination à la Cour suprême du Canada. Lui qui n’avait que très peu siégé dans les tribunaux inférieurs du Nouveau-Brunswick où il fut plutôt théoricien et professeur.

Michel Robert, président pendant de très nombreuses années de la Commission politique du Parti Libéral du Canada, connut la même ascension. «Les tribunaux sont devenus une troisième branche du gouvernement», disait-il. C’est pourquoi «un souverainiste n’a pas sa place parmi les juges parce que la magistrature doit adhérer au système fédéral canadien dans le cadre duquel elle opère.» Et qui pensez-vous a nommé juge à la cour d’appel du Québec l’ancien avocat d’Alliance-Québec, Allan Hilton, qui s’est permis d’invalider dans un jugement rendu uniquement en anglais la loi qui bannissait les écoles passerelles, loi adoptée unanimement par tous les partis politiques présents à l’Assemblée nationale?

Staline avait l’habitude de dire que, dans les élections, les personnes les plus importantes sont celles qui comptent les votes. Au Canada, dans les tribunaux, les personnes les plus importantes sont celles qui nomment les juges. Au niveau supérieur c’est le fédéral. À la «basse-cour», c’est le «provincial». Et dans les litiges Québec/Canada, c’est le Canada qui nomme les arbitres. D’avance, on connaît le résultat. Le reste c’est de la boucane! En attendant qu’une vraie décision se prenne.

Maclean’s, fédéraliste et raciste

Mercredi 29 septembre 2010

Dans sa dernière livraison, le magazine Maclean’s épingle les cas de corruption d’ici pour conclure en première page que le Québec est la province la plus corrompue du Canada. Il y a un an, il en avait dit et fait autant de Montréal. Pour le scandale des commandites, personne ne se souvient qu’il ait fait subir le même traitement à tout le Canada.

Maclean’s a raison. Il y a de la corruption au Québec. S’il n’y en avait pas nous ne serions pas 80% à réclamer une commission d’enquête sur l’industrie de la construction et ses rapports avec le financement des partis politiques. Maclean’s a aussi raison en disant qu’il y en a également au Canada sans que ces cas n’aient produit les premières pages que Montréal et Québec ont subies. Et d’évoquer le scandale des commandites. Encore des Québécois!

Curieusement il ne vient pas à l’idée ades auteurs, pourtant si férus de politique, de se poser la question: «À quels partis en particulier et à quelle famille politique appartiennent ces Québécois?» «Par qui sont-ils soutenus?» «Quel projet ont-ils pour la société qu’ils disent servir?» Etc.

Tous les fédéralistes ne sont pas corrompus. Force nous est de constater que, dans le cas de ceux que Maclean’s appelle à la barre des témoins, l’immense majorité appartient à la même famille fédéraliste, surtout libérale, tant du Canada que du Québec, qu’elle est appuyée par les segments fédéralistes traditionnels de la population et qu’elle constitue le bloc des inconditionnels du Canada.

Et là où Maclean’s a raison tout en voulant tromper magistralement ses lecteurs, c’est lorsque d’un côté il affirme que «les Québécois sont tellement obsédés par le débat national qu’ils en ont oublié la bonne gouvernance» et de l’autre côté il refuse, par aveuglement volontaire, de préciser que ces Québécois ne sont pas n’importe lesquels mais bien des commandos fédéralistes de première ligne, reconnus par leur cercle intime fédéraliste, appuyés par leur famille élargie et militant sans réserve pour le maintien de l’assujettissement du Québec au Canada.

Oui, il y a des corrompus au Québec qu’une analyse sociologique primaire permet aisément d’identifier et qui sont les mêmes que Maclean’s et bien d’autres ont régulièrement encensés dans le passé pour leurs costaudes «jobs de bras» faites au Québec. Et non, les Québécois ne sont pas les corrompus que, depuis toujours, le réflexe raciste d’un trop grand nombre de publications canadiennes voudrait accréditer. Maclean’s généralise. C’est le propre des racistes de généraliser.