« Votez du bon bord! »
Lundi 29 septembre 2008par Gérald Larose, président
Nous la connaissons celle-là! Duplessis n’avait de cesse de l’exploiter. Jean Chrétien nous l’a servie tant et tant. Et maintenant les conservateurs? Non! Les Québécois et les Québécoises ne partagent plus cette conception « chevaline » de la démocratie où l’essentiel consisterait à « gagner » pour être au pouvoir indépendamment du projet, du programme, de l’équipe, du type de leadership ou de l’éthique du débat public.
Ils ne la partagent plus… depuis 18 ans! Mais ils y ont déjà adhéré! Et à chaque fois en le payant très cher. C’est Guy Bouthillier, dans un texte non publié dans les grands médias, qui me l’a rappelé. Voyons quelques exemples.En 1942, le Québec se battait farouchement contre la conscription. Mackenzie King détenait 62 des 65 sièges québécois. Il la lui a imposée.
En 1969, le Québec ne voulait absolument pas que le nouvel aéroport soit à Mirabel. Trudeau détenait 54 des 74 sièges québécois. Il le lui a imposé.
En 1982, le Québec et son Assemblée nationale se sont opposés massivement à la promulgation de la nouvelle constitution canadienne. Trudeau détenait 74 des 75 sièges québécois. Il la leur a imposée.
En 1983, avec l’appui de la Caisse de dépôt et placement du Québec et de tout le milieu des affaires, Paul Desmarais souhaitait acquérir le Canadien Pacifique. Avec 74 des 75 sièges québécois, Trudeau fit avorter le projet.
En 1990, Brian Mulroney, accompagné de Robert Bourassa, pilotait l’accord du Lac Meech. Les sondages indiquaient que la population du Québec était favorable à son projet. Bien qu’il détienne 63 des 75 sièges québécois, il échoua lamentablement.
Peut-être qu’au Canada il suffit de « voter du bon bord » pour que son intérêt soit pris en compte! Il n’en est pas ainsi au Québec. Et même il se passe exactement le contraire. À chaque fois que le parti au pouvoir a raflé la légitimité de la représentation québécoise, il s’est permis de nous rentrer dedans comme aucun gouvernement affaibli dans cette représentativité ne l’a fait. Dans le cadre canadien, « voter du bon bord » pour le Québec, c’est voter strictement pour un parti qui ne sert qu’un seul maître, le peuple québécois. Il n’y en a qu’un : le Bloc québécois.