Archives pour août 2008

L’espoir

Dimanche 31 août 2008

Par Gérald Larose, président

« Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise… ». L’immense succès du rassemblement de plus de 2000 artistes de toutes disciplines à Montréal, le 27 août, nous semble un signal assez clair que l’approche idéologique du gouvernement Harper en matière de soutien à la culture a fini par dégoûter pas mal de monde.

Cette manifestation inhabituelle est une indication que le traitement réservé par ce gouvernement à la culture depuis son élection a fini par faire monter une colère qui, sourde jusque-là, a commencé à s’exprimer avec force. Les indications selon lesquelles ce ne sera pas un feu de paille sont nombreuses.

Michel Tremblay a raison quand il dit que, sur cette question, on ne peut pas douter de la sincérité des conservateurs et que c’est justement ce qui lui fait le plus peur. Ce qu’exprimait fort bien une pancarte lors de la manifestation : ART-PEUR !

Les conservateurs, maîtres actuels du jeu fédéraliste canadien, savent ce que représente la culture comme expression d’un peuple. Un peuple qui se dit et qui s’exprime est un peuple qui chemine. Leurs coupures ne sont pas innocentes. Le Québec est dans la mire.

« Une querelle de guenille ! »

Vendredi 15 août 2008

par Gérald Larose, président

« Une querelle de guenille! » Ainsi s’exprime Michèle Courchesne, ministre québécoise de la jJeunesse et des Sports, en parlant du drapeau de l’État qu’elle est censée servir. En aurait-elle dit autant du drapeau du Canada ? Du drapeau des Jeux olympiques ? Du drapeau de n’importe quel autre pays ou organisation ? Assurément non. Pourquoi ce mépris « spontané » à l’endroit d’un symbole majeur de la nation québécoise ? Comment l’expliquer ? Péter les plombs dans la salle de presse de la tribune parlementaire est venu accréditer la thèse du lapsus « qui ne ment pas ». Madame Courchesne, elle qui, outre sa responsabilité ministérielle est familialement impliquée dans les joutes internationales, sait fort bien, et sans doute mieux que quiconque, la place et le rôle que jouent les drapeaux nationaux dans ces activités. Ils identifient et nomment. Ils sont la manifestation symbolique de ce qui rassemble et distingue. Et dans les sports ils hiérarchisent, reconnaissent et félicitent. Résultat : dans le cadre des Jeux olympiques, les collectifs représentés par les drapeaux grandissent en cohésion, en solidarité et en volonté de performer davantage.

Madame Courchesne ne disconvient certainement pas de la finalité des drapeaux. Son « lapsus » nomme la collectivité à laquelle elle s’identifie : Canada plutôt que Québec. Avec une charge émotive qui n’étonne pas chez celles et ceux qui se considèrent inconditionnellement canadiens. Si les Michèle Courchesne du Québec devaient gouverner longtemps, leur « lapsus » nous annonce déjà le sort qui nous attend quand le Canada voudra s’établir à demeure au Québec.