Archives pour novembre 2008

Show de boucane! Entrez! Entrez!

Mercredi 26 novembre 2008

par Gérald Larose
Président du Conseil de la souveraineté du Québec

Les yeux tout écarquillés, Pauline Marois et Mario Dumont se sont littéralement esclaffés en voyant Jean Charest se barrer les pieds dans le rodage de l’un de ses prochains shows de boucane. Maîtrisant mal sa nouvelle cassette, Charest s’empêtra dans la stature, la statue et le statut pour, au sortir, essayer de nous faire comprendre que l’avenir du Québec ne tenait pas à la qualité de son statut (de pays) mais à celle de sa stature (internationale). Occultant au passage et de façon délibérée que l’une est la condition de l’autre.

Jean Charest et le camp fédéraliste sont passés maîtres dans la prestidigitation des mots. Sa tentative cloche-pied clôturait d’ailleurs une tirade de motsvalises qui, balancés sur la place publique, font encore effet… de leurre. L’UNESCO. Un recul magistral du Québec qui a cédé sa primauté dans son propre champ de compétence pour la présence d’un fonctionnaire qui aura le droit de dire la même chose que le Canada. La reconnaissance bidon de la NATION! Qui n’entraîne aucun changement structurel ni constitutionnel. Le fédéralisme ASYMÉTRIQUE! Un mot utilisé une seule fois dans un communiqué de presse. Jamais repris ailleurs que dans des discours politiques et partisans. Et dans un champ de compétence exclusif du Québec, la santé. Et qui se résume à signifier que le Québec a signé sur une feuille séparée la même entente que celle conclue et signée de manière regroupée par les autres provinces du Canada. Le CONSEIL DE LA FÉDÉRATION! Rien d’autre que le vieux club des premiers ministres subalternes se réunissant plus systématiquement … pour se plaindre. Etc.

Ils sont forts ces fédéralistes pour manier les mots et créer des impressions de changement afin de s’assurer que rien ne bouge sur le fond des choses. Au débat des chefs, Charest a peut-être trébuché. Mais le show de boucane est annoncé. À l’affiche, la statue du Québec (en lieu et place du Pays du Québec). Entrez! Entrez! Sinon, Votez! Votez!

Voter pour punir

Mardi 25 novembre 2008

Par Gérald Larose, président du Conseil de la souveraineté du Québec

Cette campagne ne devait pas avoir lieu. Le parti libéral trônait à l’Assemblée nationale. L’ADQ n’était que l’ombre d’elle-même. Le PQ était en réorganisation. Personne ne menaçait personne. Le peuple québécois venait de se farcir l’élection fédérale. Il avait suivi avec attention l’élection américaine. Il voulait prendre un peu de distance. Se reposer de la joute partisane. Voir venir un peu. Que non! Charest y a vu une extraordinaire occasion de profiter de ce temps mort pour se gagner une majorité à même l’écœurement, la désaffection et le cynisme de la population.

Voilà pourquoi, dès son lancement, cette campagne a piqué du nez. Et elle n’a jamais levé car l’enjeu identifié par celui-là même qui l’a déclenchée est hors de portée. Personne ne croit que c’est une province qui peut venir à bout d’une crise de l’ordre de celle qu’on nous annonce. Où sont les leviers? Où sont les ressources? Qui gère les relations? Quels sont les forums? Qui y participe? Le Québec est loin de ce trafic comme le sont toutes les provinces du Canada ou du monde. La régulation internationale est affaire de pays comme l’est la conduite des affaires économiques dans des contextes de graves tourmentes nationales. Et, curieusement, le gouvernement du pays auquel le Québec appartient vient de préciser que dans la gestion de cette crise il ne se passerait rien avant l’annonce du budget.

Au Québec, le temps d’une campagne « provinciale », les politiciens libéraux font semblant de s’exciter sur l’économie. Le peuple a la conviction intime que l’on rit de lui. Parce que c’est dans un pays, le Canada, que les choses sérieuses se passent. Parce qu’en plus, dans ce pays, ça se passera uniquement dans trois mois. Et qu’en bout de ligne, ça se passera en fonction de ses intérêts économiques. Le reste c’est de la “broue”. « Cessez de nous écœurer! » Il existe donc une tentation énorme de faire un bras d’honneur au processus électoral lui-même. Très malheureusement, ce serait donner raison à Jean Charest. Il ne le faut pas. Résistons. Levons-nous. Et allons voter pour punir celui-là même qui nous a lancés sur ce mur.

Signer un « contrat moral » : une autre patente !

Lundi 3 novembre 2008

Par Gérald Larose

Président Conseil de la souveraineté du Québec

Mettre la table! Une subvention ici. Une annonce de politique là. Presser le pas pour déclencher les élections. C’est dans ce contexte que madame James, ministre de l’Immigration du Québec, a annoncé l’intention de son ministère de faire signer un contrat moral à celles et ceux qui souhaiteraient immigrer chez nous. En guise de suite au rapport Bouchard-Taylor. La méthode est douteuse. Le contenu, suspect. Le résultat nul, prévisible. Par contre l’objectif est clair : leurrer.

Pendant un an, le Québec s’est astreint à un débat de société d’une rare qualité démocratique. Le rapport qui en émergea fut nettement en deça des attentes exprimées. Les contredisant même, en déclinant habilement en territoire québécois la vision canadienne du multiculturalisme. Cependant, cela étant, le rapport méritait que les élus s’en emparent. Nullement. À la veille d’une élection qu’il déclenchera lui-même, le gouvernement libéral tente plutôt d’enterrer définitivement ce rapport par une proposition de « contrat moral » qui jette sur l’ensemble des candidats à l’immigration le soupçon que, d’entrée de jeu, ils ne sont pas au diapason des valeurs et des pratiques du Québec. Et le Canada d’embrayer à nouveau pour dégobiller sur le Québec. « Voyez comme ils sont racistes! »

Partout dans le monde, les nouveaux arrivants s’intègrent à des pays et non pas à des provinces. Le Québec n’est pas un pays. Pour favoriser l’intégration, bien que province, il fait des efforts. Parfois colossaux. Au chapitre de la langue notamment, avec la Charte de la langue française. En dépit de cet investissement, force est de constater qu’il n’a pas encore réussi à franchir la barre des 50% dans l’intégration en français des personnes qui n’ont pas cette langue comme langue d’origine. Alors qu’au Canada, ça se fait en anglais dans 99,7% des cas! Faut-il en dire plus? La proposition d’un « contrat moral », c’est pour faire semblant. C’est pour leurrer. Le véritable enjeu de l’avenir du peuple québécois est sa structure politique autonome. C’est lorsque le Québec sera un pays que celles et ceux qui viendront le rejoindre sauront qu’il sera là pour toujours et qu’il vaut mieux s’y intégrer totalement.