Archives pour octobre 2008

Des menteurs et des valises!

Vendredi 24 octobre 2008

Par Gérald Larose, président

Reconnaissance de la nation québécoise, un siège du Québec à l’UNESCO, règlement du déséquilibre fiscal, fédéralisme d’ouverture, etc. Ou bien le disque conservateur s’est enrayé, ou bien c’est une tentative d’intoxication, ou bien c’est une gigantesque fumisterie. Qu’y a-t-il derrière les mots?

Reconnaissance de la nation québécoise? Qu’y a-t-il de changé dans les papiers (constitution, lois, règlements, etc.)? Rien. Qu’y a-t-il de changé dans les pratiques gouvernementales fédérales (préséance de la Charte de la langue française, intégration des immigrants, représentation exclusive du Québec par lui-même, etc.)? Rien.

Un siège du Québec à l’UNESCO? Consultez le site de l’UNESCO et vous vous verrez que le Québec n’y figure pas.

Déséquilibre fiscal? Y a-t-il eu un réaménagement des sources de revenus entre le fédéral et le Québec? Le quémandage du gouvernement du Québec a-t-il cessé? Au contraire. Pas plus tard que vendredi dernier, le premier ministre du Québec rééditait encore la traditionnelle démarche de quête envers Ottawa. Cette fois-ci en matière de culture, compétence québécoise s’il en est une!

Fédéralisme d’ouverture? A part les mots? Rien que des mots! Toujours les mêmes! Comme disait la chanson. Et surtout, aucune conséquence! Alors, il nous faut conclure que ces gens sont des menteurs. Ils annoncent mais savent qu’ils ne livreront pas la marchandise. Car la population canadienne est foncièrement contre (à 72%) toute reconnaissance et traitement particulier du Québec. Ils sont menteurs et prennent les Québécoises et les Québécois pour des valises.

Sarkozy ! À compter parmi les ennemis du Québec

Jeudi 23 octobre 2008

Par Gérald Larose, président

À compter parmi les ennemis du Québec. Nous n’avons pas mal compris. Bien qu’emberlificoté son message était clair. Il n’allait pas s’embarrasser du Québec dans l’atlantisation de la France. Pour compter devant l’histoire, Sarkozy a pour projet de liquider l’héritage gaulliste en éliminant l’exception française en terre européenne, en se rapprochant des États-Unis d’Amérique, en réintégrant politiquement le commandement de l’OTAN et en éliminant tous les irritants dans ses rapports avec tous les Grands du G8, dont le Canada. Le rangement sarkoziste de la France dans la maison de plus en plus lézardée de la famille néolibérale, s’il devait réussir, se ferait avec des sacrifices, dont celui du Québec.

Nous avons le droit d’être déçus ! Mais pas surpris. On devinait cette orientation depuis sa propre campagne présidentielle où il ne s’est commis en rien sur la francophonie et le Québec. Puis, suivit le ballon d’essai dans les medias sur l’abandon de la politique du « ni-ni » que complétèrent ses dialogues complices avec la représentante au Canada de la Reine d’Angleterre, travestie, pour l’occasion, en descendante de Samuel de Champlain. La créature politique française de Paul Desmarais livre la marchandise.

Est-ce la fin des haricots ? Pas plus que le « Vivre le Québec libre » n’en fut le début. Le général de Gaulle a coiffé et planétarisé le mouvement social portant le projet de l’indépendance du Québec. Il ne l’a pas créé. Encore aujourd’hui les Québécois et les Québécoises demeurent seuls responsables de la poursuite de ce projet. Le faisant, ils forceront le Canada, la France et toutes les nations à respecter le droit des peuples à l’autodétermination qu’ils ont signé dans un texte fondamental des Nations unies et qu’ils ont fait appliquer très récemment tant au Monténégro qu’au Kosovo. Il en serait autrement pour le Québec qui économiquement, socialement et institutionnellement est 95 fois mieux équipé qu’eux ? Le croire serait un défi énorme à la raison.

Parce qu’ils sont les meilleurs!

Samedi 18 octobre 2008

Par Gérald Larose

Président du Conseil de la souveraineté du Québec

Faut-il chercher très loin les explications à la victoire du Bloc ? Peut-être pas. Essentiellement quatre raisons. D’abord, l’équipe. D’une qualité remarquable. Il y avait 50 fois plus de ministrables dans le Bloc que chez les conservateurs et les libéraux. Ensuite le programme. D’une clarté aveuglante : empêcher le « bushisme » canadien de s’appliquer au Québec en élisant le maximum de personnes n’ayant qu’une seule allégeance, qu’une seule loyauté et qu’un seul intérêt, celui du Québec. Troisièmement, l’éthique. Parler franc en dépistant les mensonges. Se porter à la défense du Québec, de ses valeurs et de ses pratiques, tout en ne recherchant pas le pouvoir. Enfin, le leadership. Expérimenté, cohérent et rassembleur. Ils ont gagné tout simplement parce qu’ils étaient les meilleurs !

Ils ont gagné surtout parce qu’ils poursuivent la tendance lourde de l’histoire moderne du Québec. En 1982, le Canada déchirait le pacte confédératif. Il se dotait de nouveaux textes fondateurs excluant explicitement le Québec en le spoliant de pouvoirs qui appartenaient à son Assemblée nationale. Plus tard, des hommes braves ont tenté sans succès de corriger l’affront historique. A nouveau, le Canada a dit non. Ça s’est appelé Meech. Alors le Québec a compris que son avenir n’était plus de ce côté.

Et le Bloc a été créé. D’abord pour rapatrier au Québec toute la légitimité politique de la représentation démocratique. Il s’agissait d’empêcher une majorité d’individus d’un parti politique fédéraliste de se servir de la légitimité démocratique d’élus pour enfoncer le Québec au profit des intérêts du Canada. Puis pour construire patiemment les fondamentaux de la souveraineté du Québec. Ainsi, depuis 18 ans, une rupture tranquille s’opère. Le Québec délaisse le centre de décision canadien. Il se campe dans la promotion de ses intérêts. Il prépare le terrain pour une autonomisation complète de son destin. Le résultat électoral de 2008 le confirme. Pour la neuvième fois, il a élu une immense majorité de députés, les deux-tiers pour être précis, pour porter son projet. Comme au hockey, il s’est constitué une formidable équipe de défenseurs pour permettre au reste de l’équipe de passer à l’offensive et remporter la victoire.

Merci à chacun et à chacune de tenir leur position. Nos vœux de courage et de détermination les accompagnent. Et bientôt se jouera la coupe Québec ! Et nous ferons la fête !

P.S. Bloc: 38.1% du vote populaire et présent dans toutes les régions du Québec. Conservateurs: 37.6% du vote populaire et absent des grandes villes du Canada. Encore une fois, et cela depuis 18 ans, la force représentative du Bloc en territoire québécois est supérieure à celle du parti qui exerce l’autorité gouvernementale en territoire canadien. Est-il permis d’ajouter que le NPD n’a jamais fait élire sur l’ensemble du territoire canadien autant de députés que le minimum que le Bloc a fait élire dans toute son histoire à partir du seul territoire québécois ? Il nous semble qu’avant de contester la force représentative du Bloc, il faudrait méditer un peu ! Non ?

Les intérêts du Québec au Canada ou les intérêts du Canada au Québec

Lundi 6 octobre 2008

Par Gérald Larose, président


Nous les lisons. Nous les entendons. Nous les « télévoyons ». Ils ont d’énormes points d’interrogation dans les yeux! Des commentateurs et des commentatrices n’arrivent pas ou feignent de ne pas arriver à trouver de sens au vote que le Québec s’apprête à donner le 14 octobre. « Et ça fait 18 ans que ça dure! »

Ce sont précisément ces 18 ans qui donnent à ce vote tout son sens. Pendant 40 ans, le peuple québécois s’est époumoné à revendiquer son autonomie, sa démocratie, sa liberté. Pendant 30 ans, avec des députations québécoises fédéralistes quasi monopolistes (les libéraux de Trudeau détenaient 74 des 75 circonscriptions électorales du Québec au moment du coup fourré de la constitution de 82), s’est abattue sur le Québec une pluie de coups fourrés et de législations structurantes qui ont pour objectif de construire le Canada pour y intégrer de force le Québec. Il suffit de rappeler la loi canadienne sur les langues officielles de 1969 de Trudeau visant à enterrer le rapport Laurendeau-Dunton; la loi des mesures de guerre pour intimider les mouvements souverainistes; les mensonges de la campagne référendaire de 1980 (les têtes sur le billot) pour leurrer la population; la Constitution de 1982, coup d’État constitutionnel qu’aucun gouvernement québécois n’a reconnu; les coupures draconniennes de 1994 dans les transferts du fédéral et le vol de caisse d’assurance-chômage qui ont fait voler en éclat l’équilibre fiscal du Québec; l’invasion systématique des compétences du Québec; le Clarty Bill déniant au Québec son droit à l’autodétermination; la tentative d’achat de l’identité québécoise par les campagnes massives et mafieuses des commandites; etc. Curieusement, ces opérations ont toutes été conçues et exécutées par des Québécois et des Québécoises élus pour exercer le pouvoir à Ottawa.

Se peut-il que nous ayons compris que les Québécois et les Québécoises qui cherchent à se faire élire pour exercer le pouvoir fédéral l’exercent non pas pour défendre les intérêts du Québec au Canada, mais les intérêts du Canada au Québec? Se peut-il que nous ayons compris que, dans notre quête d’autonomie, de démocratie et de liberté, nous serions bien avisés de priver au maximum les adversaires du Québec de légitimité politique? C’est le sens du vote pour le Bloc québécois. Engagée depuis 18 ans, cette voie consciente du non-pouvoir ailleurs pour constituer l’espace du vrai pouvoir ici est extraordinairement signifiante. Merci à ces hommes et ces femmes disponibles pour participer non pas à l’exercice du pouvoir du Canada mais bien à la construction du pays du Québec. Nous sommes confiants. Le Québec sera encore au rendez-vous.