Archives pour septembre 2010

Maclean’s, fédéraliste et raciste

Mercredi 29 septembre 2010

Dans sa dernière livraison, le magazine Maclean’s épingle les cas de corruption d’ici pour conclure en première page que le Québec est la province la plus corrompue du Canada. Il y a un an, il en avait dit et fait autant de Montréal. Pour le scandale des commandites, personne ne se souvient qu’il ait fait subir le même traitement à tout le Canada.

Maclean’s a raison. Il y a de la corruption au Québec. S’il n’y en avait pas nous ne serions pas 80% à réclamer une commission d’enquête sur l’industrie de la construction et ses rapports avec le financement des partis politiques. Maclean’s a aussi raison en disant qu’il y en a également au Canada sans que ces cas n’aient produit les premières pages que Montréal et Québec ont subies. Et d’évoquer le scandale des commandites. Encore des Québécois!

Curieusement il ne vient pas à l’idée ades auteurs, pourtant si férus de politique, de se poser la question: «À quels partis en particulier et à quelle famille politique appartiennent ces Québécois?» «Par qui sont-ils soutenus?» «Quel projet ont-ils pour la société qu’ils disent servir?» Etc.

Tous les fédéralistes ne sont pas corrompus. Force nous est de constater que, dans le cas de ceux que Maclean’s appelle à la barre des témoins, l’immense majorité appartient à la même famille fédéraliste, surtout libérale, tant du Canada que du Québec, qu’elle est appuyée par les segments fédéralistes traditionnels de la population et qu’elle constitue le bloc des inconditionnels du Canada.

Et là où Maclean’s a raison tout en voulant tromper magistralement ses lecteurs, c’est lorsque d’un côté il affirme que «les Québécois sont tellement obsédés par le débat national qu’ils en ont oublié la bonne gouvernance» et de l’autre côté il refuse, par aveuglement volontaire, de préciser que ces Québécois ne sont pas n’importe lesquels mais bien des commandos fédéralistes de première ligne, reconnus par leur cercle intime fédéraliste, appuyés par leur famille élargie et militant sans réserve pour le maintien de l’assujettissement du Québec au Canada.

Oui, il y a des corrompus au Québec qu’une analyse sociologique primaire permet aisément d’identifier et qui sont les mêmes que Maclean’s et bien d’autres ont régulièrement encensés dans le passé pour leurs costaudes «jobs de bras» faites au Québec. Et non, les Québécois ne sont pas les corrompus que, depuis toujours, le réflexe raciste d’un trop grand nombre de publications canadiennes voudrait accréditer. Maclean’s généralise. C’est le propre des racistes de généraliser.

Des fédéralistes ont honte de leur constitution

Jeudi 9 septembre 2010

«Il ne faudrait pas invoquer la clause dérogatoire parce que ça nuirait à la réputation internationale du Québec», dixit la ministre St-Pierre, responsable de la politique linguistique du Québec. Ah bon! La constitution canadienne a ses parties honteuses? Elle contient des clauses qui ne sont pas montrables? S’en prévaloir risque d’emporter votre réputation? Que font-elles alors dans une constitution? Surtout dans celle du «plus-meilleur» Canada?

Il faudrait peut-être rappeler que dans le coup fourré des fédéralistes de 1982, pour obtenir l’assentiment de toutes les provinces anglaises dans le but de spolier le Québec de ses responsabilités exclusives en matière d’éducation et de le punir d’avoir adopté la Charte de la langue française, c’est l’Alberta qui, pour se protéger des effets de l’application de la nouvelle charte, a demandé et obtenu l’introduction d’une clause dérogatoire dans la constitution canadienne. Le Québec n’a rien demandé. Il n’a rien signé. Et aucun gouvernement tant fédéraliste que souverainiste ne l’a fait par la suite. Au final, cette clause, cette charte, cette constitutution est LEUR clause, LEUR charte, LEUR constitution. S’ils en ont honte qu’ils la changent. Mais ils ne le feront pas, parce que LEUR clause, LEUR charte et LEUR constitution sont inamendables.

Mais matière à honte il y a tout de même! Honte à voir les genoux et les coudes écorchés d’une ministre du Québec qui rampe devant la Cour suprême du Canada. Elle est fédéraliste? Ce n’est pas une excuse. Honte à constater que son gouvernement, loin de poursuivre le combat historique pour le français mené par le seul État de langue française en Amérique, veut, par le projet de loi 103, signer sa reddition. Il est fédéraliste? Ce n’est pas une excuse. Honte à constater qu’en fin de bail, le Parti Libéral de Québec de Jean Charest distribue les meubles, saccage les appartements et dynamite les fondations. Il est fédéraliste? Aucun gouvernement fédéraliste ne s’est livré à semblable carnage dans le passé.

Au loin on entend un grand vent se lever pour chasser nos hontes, restaurer notre dignité et nous donner notre liberté.

par Gérald Larose