Archives pour février 2010

Le français aux Jeux olympiques. Canada fumiste.

Lundi 15 février 2010

Le Canada, pays bilingue! Fumisterie. Depuis toujours d’ailleurs. À cinq reprises, dans l’histoire de ce pays, le français fut banni. Faute d’avoir réussi à le faire disparaître, ils le portent maintenant dans les grandes occasions comme un coquelicot, sobrement. Dans sa longue allocution d’ouverture, monsieur John Furlong, président du comité organisateur des Jeux olympiques de Vancouver, a prononcé onze mots en français. Je les ai comptés. Dans leurs très officielles interventions, Jacques Rogue, président du comité international, et Michaëlle Jean, représentante de la reine, en ont dit autant en français qu’en anglais. Et un artiste, Garou, a livré une prestation en français. Total : dans une célébration qui a couru sur près de quatre heures il n’y a pas eu cinq minutes de français.

Faut-il se surprendre? Pas du tout. En dehors du Québec, le français se parle dans 2,4% des foyers. Sur bien des territoires, on parle plus chinois, ukrainien, allemand et espagnol que français. La langue d’usage, de citoyenneté et d’identité est l’anglais. Pour ces populations, le français est un héritage historique. Ils lui font un clin d’œil comme ils en font aux langues autochtones. C’est du folklore. Comme l’a bien traduit la cérémonie d’ouverture.

Faut-il s’insurger? Totalement. Contre les fallacieux qui perpétuent le mythe du Canada bilingue. C’est le Québec qui, concrètement, est bilingue (quatre fois plus que le Canada) et même trilingue (neuf fois plus que le Canada). De plus, les autochtones vivant sur le territoire du Québec ont mieux conservé leurs langues et la promeuvent mieux que ceux habitant le Canada. La riche diversité linguistique a un nom et c’est Québec. Pas Canada.

Alors pourquoi se déclarent-ils faussement bilingues? Pour tenter de garder encore longtemps le Québec dans leur giron. À tout le moins aussi longtemps qu’il ne s’apercevra pas qu’il est toujours plus minorisé et qu’à terme il deviendra lui aussi un héritage folklorique.

Canadiens de Montréal. Et en plus c’était illégal!

Lundi 1 février 2010

Secrétaire d’école, elle avait quelques convictions politiques souverainistes. Au début, elle en recevait quelques fois par année. Puis plus souvent. Et après le référendum de 95, les commandites sévissant, c’était plusieurs fois par mois. Et ça venait de tous les horizons : des ministères, des organismes gouvernementaux et même de la reine d’Angleterre pour son 50e anniversaire de règne. Elle a collectionné pour elle un exemplaire de chaque affiche, cahier, cassette VHS, CD, etc. Total : 21 pieds d’étagères de propagande fédéraliste destinée directement aux enfants.

Une quinzaine de pédagogues, aussi avec des convictions souverainistes, décidèrent bénévolement de produire un guide à l’intention des enseignants qui souhaiteraient diversifier le point de vue fédéraliste. Guide qu’ils pourraient s’acheter en librairie au coût de 10$. Un guide pédagogique nuancé qui présentait aussi l’option de la souveraineté. Titre : Parlons de souveraineté à l’école. Tollé libéral. Tollé médiatique. Un crime de lèse-école. Personne n’a voulu parler de la pénétration systématique de la propagande fédéraliste dans les écoles du Québec.

Février 2009, on apprend que le club des Canadiens de Montréal expédiera directement aux enfants de la troisième à la sixième année des dizaines de plaquettes, fascicules et autre matériel pédagogique. Qu’il le fera même avec la bénédiction de la ministre de l’Éducation du Québec. Plus encore. Non seulement avec sa bénédiction mais aussi avec son pognon (le nôtre) à la hauteur de un quart de million (253 000$ plus précisément). Et le comble, c’est une équipe de Toronto qui sera chargée de la production. Y a-t-il eu tollé libéral? Tollé médiatique?

Samedi dernier, l’excellente équipe du Journal de Montréal en lock-out, Rue Frontenac, qui ne cesse de nous donner des exclusivités, nous apprenait que la production torontoise du club des Canadiens de Montréal destinée aux enfants québécois qui, soit dit en passant, est écrite dans un français laborieux, contrevenait aux dispositions de l’Office de la protection du consommateur relativement à la publicité destinée aux enfants. Il faut rappeler que seul le Québec dispose, depuis plus de 30 ans, d’une semblable protection des enfants en matière de publicité. Toronto ne savait pas!

Le club des Canadiens de Montréal appartient au peuple québécois. Sa direction? Pas sûr! Plutôt colonisée. Comme la ministre peut-être?