Les invasions américaines
Par Gérald Larose, président
Si les conservateurs avaient été au pouvoir et majoritaires, de jeunes québécois se feraient tués en Irak Comme les Américains! Bien que les conservateurs soient minoritaires au pouvoir, partis pour aider les Afghans à pacifier leurs régions et à reconstruire leur pays, les jeunes québécois se font maintenant tuer à faire la guerre. Comme les Américains! Ils sont arrivés aux affaires avec des surplus importants, les conservateurs les ont liquidés dans des dépenses militaires faramineuses. Comme les Américains!
Le Québec souhaitait un plus grand contrôle des armes à feu, les conservateurs ont élargi leur circulation. Comme les Américains! Le Québec réduisait la délinquance par la prévention et la réhabilitation, les conservateurs ont préféré ajouter des policiers et durcir la répression. Comme les Américains! Les Canadiens se croyaient protégés par leur charte et les conventions internationales, les conservateurs ont approuvé les tortures et le sort innommable imposé à un enfant soldat croupissant à Guantanamo. Comme le veulent les Américains!
Le Québec voulait signer le protocole de Kyoto, les conservateurs ont déchiré la signature du Canada. Comme les Américains! Les femmes, les minorités, le mouvement associatif et les artistes nourrissent le tissu social citoyen, démocratique et solidaire, les conservateurs ont sabré dans leurs programmes de soutien. Comme les Américains! Gavés de valeurs individualistes, marchandes et rétrogrades, l’organisation des conservateurs pullule d’éléments religieux fondamentalistes. Comme les républicains américains!
Avançant lourdement sans dévoiler leur véritable projet de société, les conservateurs font campagne en multipliant les manœuvre de diversion. Comme les Américains! La dernière, le coût de la députation bloquiste à Ottawa. De la publicité négative. Comme les Américains!
Le Québec ne mangera pas de ce pain. Depuis 18 ans, sans qu’il nous en coûte plus cher, nous votons Bloc. Pas par distraction, turpitude ou insuffisance intellectuelle. Mais très précisément pour ne plus nous faire voler notre identité, notre légitimité et notre rapport de force dans un pays qui ne nous a jamais reconnus autrement que comme une tribu. Avant le Bloc, il n’y avait personne pour défendre les intérêts et les consensus du Québec. Tous les partis, sans exception, ont défendu d’abord et avant tout le Canada. Avec les résultats historiques que nous avons connus. Le comble : le rejet du Québec de la constitution de 1982.
Comme les Américains, les conservateurs méprisent les électeurs, le politique et la démocratie. Comme les Américains, ils postulent que les électeurs et les électrices que nous sommes sont épais, crédules et sans projet. Le Québec n’est pas le Canada. Encore moins les USA. Et les invasions américaines n’y changeront rien.
25 septembre 2008 à 7:50
M. Larose merci pour cet article de qualité. La comparaison entre le portrait des conservateurs, hélas au gouvernement, et celui des républicains du Gouvernement Bush est appropriée.
Je me demande parfois, si on ne devrait pas jouer un tour aux canadiens du Roc et aux fédéralistes qu’ils soient conservateurs, libéraux ou du NPD, en créant un nouveau parti politique pancanadien qui pourrait porter le nom de Partie pour Les États-Canadiens d’Amérique du Nord (ÉCAN), dont le but serait de transformer les provinces en états souverains et le gouvernement fédéral en un gouvernement représentatif défini par les États membres et sur lequel ils auraient un contrôle absolu. Il me semble qu’il serait amusant de voir les fédéraux en train de se battre, non plus contre les maudits du Québec, mais aussi contre les autonomistes du Canada anglais. Mais, je sais, il y aurait peut-être une tentation pour certains québécois d’adhérer à un tel parti, qui, au fond, ne serait qu’une illusion. Ce que je trouvais amusant avec cette idée, c’était de voir que peut-être des anglos canadiens travailleraient à notre émancipation politique et nous aideraient dans notre démarche de création du pays du Québéc.
26 septembre 2008 à 11:03
“Contrairement aux députés du Bloc qui défendent nos intérêts au fédéral, les députés conservateurs sont là pour nous vendre le Canada ”
A ma connaissance, cette phrase est nouvelles dans une campagne électorale. Et elle dit tout. Elle décrit parfaitement la mission du député bloquiste et l’imposture et la duplicité de l’autre.
Cette phrase devrait faire partie de tous les discours. C’est une idée-force.
Je rêve d’un message publicitaire qui passerait aux heures de grande écoute. Ce serait 15 secondes payantes pour la souveraineté….
Réal Ouellet