Sarkozy dit n’importe quoi, encore une fois!

3 février 2009

Par Gérald Larose

Président du Conseil de la souveraineté du Québec

C’était clair. Déjà cet été, en route pour chez Bush, en coup de vent à Québec, il avait fait le dessin… pas très beau! En sourdine, par derrière, tous et un chacun, les Français les premiers, avaient voulu le voiler d’un peu de couleur. Hier, chez lui, sans contrainte, il a repris le pinceau pour en remettre une couche. L’avenir du Québec, comme il dit, ce n’est pas son truc.

Il est sorti de son texte, a-t-il précisé. C’est son cœur qui a parlé. Avec des mots énormes visant celles et ceux qui œuvrent à l’érection d’un pays français en terre d’Amérique. Des mots de la vieille rhétorique fédéraliste. Des mots qui lui ont été susurrés : opposition, division, détestation, sectarisme, replis sur soi, enfermement, agressivité, etc. Des mots qui sont en totale contradiction par rapport au projet que portent les souverainistes du Québec.

Agressifs? Bonasses plutôt! Nous qui n’avons jamais réussi à arrêter le fédéral d’envahir nos champs des responsabilités et récemment encore de couper un milliard dans le retour au Québec de nos impôts. Sectaires? Majoritaires plutôt. Nous qui sur 200 députés à élire aux deux ordres de gouvernement en élisons une majorité absolue (101) d’obédience indépendantiste. Détestation? Respectueux plutôt. Nous qui reconnaissons que la nation canadienne est une grande nation et qu’elle a droit de faire sa vie sans être importunée par le Québec qui, lui, a son originalité, sa personnalité, ses valeurs et aussi le droit de faire ses propres choix. Opposition? Oui. Comme en France et dans toutes les sociétés démocratiques. Enfermement? Oui! Là-dessus, sans le savoir, il a le mot juste. Effectivement, le Québec est enfermé… dans le Canada. C’est précisément pour accéder directement au monde, à la planète, que le Québec veut sortir du Canada. Il veut se libérer de cet enfermement pour, comme peuple, participer directement à la délibération internationale, défendre ses intérêts, proposer son savoir faire et ajouter au patrimoine de la diversité culturelle mondiale son originalité.

Le Québec est tout sauf une société repliée sur elle-même. Patiemment, depuis 250 ans, pour surmonter son grave déficit numérique (2% de parlant français en Amérique du Nord) cette nation n’a eu de cesse de multiplier les rapports avec le monde. Aussi avec la France. Qui lui a déjà fait défaut. Ce que Sarkozy voudrait rééditer aujourd’hui.

Est-ce la fin des haricots? Pas plus que le « Vivre le Québec libre » n’en fut le début. Le Général De Gaulle a coiffé et planétarisé le mouvement social portant le projet de l’indépendance du Québec. Il ne l’a pas créé. Encore aujourd’hui les Québécois et les Québécoises demeurent seuls responsables de la poursuite de leur projet. Le faisant, ils forceront le Canada, la France et toutes les nations à respecter le droit des peuples à l’autodétermination qu’ils ont signé dans un texte fondamental des Nations-Unies et qu’ils ont fait appliquer très récemment tant au Monténégro qu’au Kosovo. Il en serait autrement pour le Québec qui économiquement, socialement et institutionnellement est mieux équipé que 95% des pays existants? Le croire serait un défi énorme à la raison.

Nous avons le droit d’être déçus. Cependant, nous ne sommes pas surpris. De Gaulle était un grand président que les grands respectaient. Il avait fait de la France une exception dotée de la frappe nucléaire et non intégrée à l’Otan. Il avait une vision claire de la géopolitique dans laquelle le Québec comptait. Sarkozy est un petit président fasciné par la cour des grands, Il veut réintégrer le commandement de l’Otan. Éliminer les irritants lui facilitera le chemin. Dans ce contexte, ses amis fédéralistes l’ont certainement rassuré que le Québec était un détail… à passer dans les profits et pertes. Pour autant, ils ne sont pas obligés de l’amener à dire n’importe quoi. Comme trop souvent.

Les plaines d’Abraham ? Nous les reprendrons !

25 janvier 2009

Gérald Larose, Président

Conseil de la souveraineté du Québec

C’était le 400e d’une ville et non d’un peuple. Aux couleurs du Canada et non du Québec. Très festif. Peu éducatif. Il fallait surtout éviter que les Québécois de tout le Québec redécouvrent leurs racines et s’enorgueillissent du chemin parcouru. 2008 fut vidé de son sens historique. Ils veulent que 2009 en soit rempli. Le Canada s’est payé le 400e de la ville de Québec. Il voudrait maintenant nous vendre le 250e de la conquête anglaise. Non ! Non ! Et non !

Le Canada ne baisse jamais les bras. Il est toujours en construction. Il lui faut s’écrire une histoire. Ce faisant, interpréter celle du Québec, la travestir pour l’intégrer dans la sienne. Il a mis la main sur nos principaux lieux de mémoire. Il a multiplié les musées d’interprétation. Il subventionne largement des chaires de production idéologique. Son objectif : construire la narration historique, occuper les repères symboliques et gérer le discours public. C’est dans ce cadre que les 400e, 250e ou 100e fêtes sont mises à contribution.

Il faut s’objecter sans nuances à la célébration du 250e de la conquête anglaise. Le Québec a perdu la bataille de 1759. Mais il n’a pas perdu la guerre. Dès 1760 son mouvement d’émancipation s’est mis en route. Il lui a fait traverser ces deux siècles et demi. Résistant à la colonisation. Combattant l’aliénation. Et aujourd’hui c’est le Québec tout entier qui est formidablement équipé pour assumer son destin souverain. 2009 ? Une année importante de réflexion pour voir comment bientôt nous reprendrons les plaines d’Abraham pour y hisser le très beau drapeau québécois

Jean Pelletier, coupable

19 janvier 2009

Il est mort. Normalement le concert d’éloges convenus et convenants marque le point d’orgue de la carrière d’un homme de cette envergure. Jean Pelletier a souhaité jouer les prolongations en livrant aux médias une série d’entrevues à être publiée après son décès. Dans les circonstances il nous permettra de jouer la partie. Dans lesdits entretiens il avoue crûment que relativement à la question nationale du Québec les règles de la démocratie peuvent être violées. « Quand on est en guerre, on va-tu perdre le pays à cause d’une virgule dans la loi ? » N’est-ce pas lui, avec plusieurs des siens, qui avait en bouche, constamment comme une accusation, le respect des règles ? Y compris celles d’une constitution unilatérale que le Québec n’a jamais voulu accepter ni signer ?

Aujourd’hui, c’est Jean Pelletier. Hier, Jean Chrétien. Antérieurement, Pierre-Elliot Trudeau. S’ajoutant aux nombreux « canadiens français » fédéraux toujours disponibles pour les basses œuvres, cet inconditionnel du Canada a œuvré à maintenir de gré ou de force cette « race » dans le Canada.

Il était en guerre, disait-il. Dans les mêmes termes, Guité le disait aussi. Les deux étaient « en ordre de marche. Salut ». Pelletier commandant. Guité exécutant. « Il y en a peut-être qui se posaient des questions. Pas moi ». Guité est coupable. Jean Pelletier aussi. Jean Chrétien également. Lui qui récemment, dans une phraséologie similaire, avouait que s’il n’avait pas réussi à voler le référendum il n’en aurait pas reconnu les résultats positifs.

Ces gens n’ont pas de pleurs pour la démocratie qu’ils tuent. Au moins en ont-ils pour l’ami qui les a quittés. Mais leurs sentiments ne doivent pas embuer notre vision de leurs conceptions élastiques de la démocratie et des dimensions illégale et maffieuse de leurs pratiques.

“La mémoire usurpée”

19 janvier 2009

Par Gérald Larose

Président du Conseil de la souveraineté du Québec

Nous le devinions. Nous avions soulevé quelques interrogations. Il ne fallait surtout pas jouer les « casseux de party »! Il y a bien eu quelques «couacs ». Mais, finalement nous y sommes allés. En y revenant un peu gênés. Cette fête était bizarre! Une impression de passer à côté de l’essentiel. Le dernier numéro de l’Action nationale (volume XCVIII, numéros 9 et 10, novembre et décembre 2008) nous livre un dossier percutant sur le « holdup» fédéraliste des fêtes du 400ième de la ville de Québec. « La mémoire usurpée » est à lire d’un couvert à l’autre. On y apprend comment, concrètement, avec la complicité de ses inconditionnels, le Canada s’y est pris pour s’écrire à nouveau un bout d’histoire en travestissant celle du Québec. Il a contrôlé l’organisation. Il a mis le fric. Il a fourni les espaces physiques. Il a géré l’interface internationale. Tous les référents identitaires (drapeaux, couleurs, symboles) de la nation québécoise ont été écartés. Le premier objectif était que le Québec oublia de fêter sa naissance. Objectif atteint. Une ville fut fêtée. Non une nation, Ni même une capitale! Dossier à lire absolument sous la plume des auteurs Jacques Beaumier, Gaston Deschênes, Marcel Junius, Pierre-Paul Sénéchal, Michel Lessard et Francine Lavoie.

Le « nouveau Charest » et la désaffection civique.

11 décembre 2008

Par Gérald Larose
Président du Conseil de la souveraineté

Une courte majorité. Mais une épaisse couche de cynisme. De toute son existence le Québec n’aura jamais si peu voté. Jean Charest se maintient au pouvoir avec l’appui de moins de 25% des électeurs. Le pire score de toute l’Amérique du Nord. Pire que celui des Américains ! Un record de désaffection civique. Une magistrale régression démocratique. Comment en sommes-nous venus là ? Une addition de facteurs.

D’abord, la répétition abusive du processus. Usant ! Aussi l’instrumentalisation strictement partisane de l’exercice à la seule fin d’incruster son pouvoir. Dégradant. Tertio. Le formatage du message comme des publicités répétées. Abrutissant ! Quarto. Le tout sur fond de combat de coqs. Abêtissant ! Plus grave encore, des politiciens savaient qu’ils allaient trouver leur compte dans la dépolitisation du processus démocratique. Navrant ! J’ai nommé Jean Charest.

Cette élection n’avait pas lieu d’être. Le peuple le savait. Il l’a dit. On s’est foutu de sa gueule. Il s’est foutu de la gueule des politiciens.

On lui a dit qu’il y avait une récession MONDIALE et qu’une tempête terrible allait s’abattre. Aucun plan, aucun chiffre. Plutôt des millions et des milliards. Et dans un type d’État sans grands pouvoirs, ni ressources significatives et ni accès aux forums où s’élaborent les solutions durables. Quand c’est MONDIAL, ce n’est pas provincial, ça regarde Ottawa. Quand c’est l’économie, ce n’est pas les services, ça le regarde aussi. D’ailleurs, en pleine campagne électorale québécoise, les manifestants interpellaient Harper, pas Charest. D’autant plus que lui-même s’échinait à ignorer le seul instrument de développement économique qu’il avait à sa portée, la Caisse de dépôt et de placement, dont il ne voulait, pour rien au monde, entendre parler. Alors l’économie ? C’était pour faire semblant ! Le peuple l’a vite su. Il a haussé les épaules et détourné la tête.

Mais il y avait aussi un « nouveau Charest » lui a-t-on dit. « Packagé » et vendu comme un nouveau produit « plus authentique », « moins arrogant », « rassembleur ». Résultat de travaux de focus-groups et de données de sondages, le nouveau « produit Charest » fut mis en marché comme le sont les nouvelles savonnettes, dans des contextes parfaitement contrôlés. Sans retour. Sans débat. Le message s’adressait aux consommateurs. Les citoyens, eux, sont restés chez eux.

Et ce produit était maintenant québécois ! Il a planté Harper (oui, délicatement !). Il a défendu le Bloc (oui, avec hésitations). Il a fait appel aux votes souverainistes (oui, en se pinçant les lèvres). Et maintenant il rêve d’une « stature » internationale pour le Québec (oui, pour faire oublier que la question de son statut en est la condition première !). Il a parlé avec monsieur Sarkozy (oui, entre deux avions). Etc. Etc. « Il y a bel et bien une « révolution Charest » » nous affirme Patrice Servant, son principal rédacteur de discours, dans La Presse du 11 décembre dernier, en nous assurant qu’il était maintenant « pleinement et en son âme et conscience, premier ministre du Québec ». Ah oui ! Et non plus « Captain Canada » ? Qui l’a cru ? Il est vrai que le Québec est habitué aux belles phrases. Elles jalonnent son histoire. Même monsieur Harper, naguère, en a eu des jolies à son endroit. Y aurait-il des surprises à en entendre de la bouche de monsieur Charest ? Peut-être pas. Est-ce suffisant pour aller voter ? Assurément non.

N’aide pas la dérive médiatique de plus en plus prononcée à couvrir les campagnes électorales davantage comme des combats de coqs que comme des choix de société à débattre et à faire. On nous dit tout des politiciens. Très peu des politiques. Tout des coulisses. Très peu des enjeux. Nous sommes au spectacle ! La presse elle-même y détenant un grand rôle avec ses « premières » et ses « scoops » pas toujours dépourvus d’intérêt, y compris pécuniaires. Et nous ? Toujours consommateurs. Très peu citoyens.

La démocratie est une construction permanente. Le processus électoral en est une modalité délicate. Cette fois-ci, au Québec en décembre comme au Canada en octobre, elle a été détournée de sa finalité par opportunisme, électoralisme et partisannerie crasse. Résultats ? Abstentionnisme record, cynisme et dépolitisation qui sont de puissants ingrédients d’une démocratie musclée ou d’une gouvernance autoritaire. En 2008 il devrait être permis de rêver à des objectifs autres que ceux de battre les records de Maurice Duplessis ?

Montréal,

12.12.08

“La baloune a petté” m’a confié mon voisin

4 décembre 2008

Par Gérald Larose

président

Qu’ils sont beaux à voir tous vociférant, hurlant, applaudissant et dégobillant sur les odieux Québécois « séparatistes ». Les mêmes si sirupeux à les flatter dans le sens du poil pour gagner leur vote en campagne électorale. « La baloune a petté » m’a confié mon voisin qui s’était laissé convaincre de leur donner une chance. « Heureusement qu’ils sont restés minoritaires. Je ne pensais pas qu’ils étaient de même. On en aurait mangé toute une! »

Idem au Québec. Charest majoritaire? On connaît : Suroît, écoles juives, Mont-Orford, interdiction de syndicalisation des femmes dans le secteur de la garde à domicile, etc. Minoritaire? Il est devenu tout doux, à l’écoute, moins brusque, mais servant toujours les mêmes intérêts fédéralistes et d’argent.

Un « pensez-y bien » avant de voter libéral. Charest et Harper : même farine. Ils n’avaient pas besoin de déclencher les élections. Ils l’ont fait par opportunisme. Tous les deux ont tenu des discours auxquels ils ne croient même pas. Par pur électoralisme. Ils ont abondamment abusé de la bonne foi des électeurs et des électrices. Par pur cynisme. Résultat net? Ils ont sévèrement amoché la qualité de notre vie démocratique. Malheureusement un taux anormalement faible du vote le confirmera au Québec comme il en fut au Canada. Faudrait-il qu’ils en soient récompensés pour autant? Souhaitons que non.

Show de boucane! Entrez! Entrez!

26 novembre 2008

par Gérald Larose président du Conseil de la souveraineté du Québec

Les yeux tout écarquillés, Pauline Marois et Mario Dumont se sont littéralement esclaffés en voyant Jean Charest se barrer les pieds dans le rodage d’un de ses prochains shows de boucane. Maîtrisant mal sa nouvelle cassette, Charest s’empêtra dans la stature, la statue et le statut pour, au sortir, essayer de nous faire comprendre que l’avenir du Québec ne tenait pas à la qualité de son statut (de pays) mais à celle de sa stature (internationale). Occultant au passage et de façon délibérée que l’une est la condition de l’autre.

Jean Charest et le camp fédéraliste sont passés maîtres dans la prestidigitation des mots. Sa tentative cloche-pied clôturait d’ailleurs une tirade de mots valises qui, balancés sur la place publique, font encore effet… de leurre. L’UNESCO. Un recul magistral du Québec qui a cédé sa primauté dans son propre champ de compétence pour la présence d’un fonctionnaire qui aura le droit de dire la même chose que le Canada. La reconnaissance bidon de la NATION! Qui n’entraîne aucun changement structurel ou constitutionnel. Le fédéralisme ASYMÉTRIQUE! Un mot utilisé une seule fois dans un communiqué de presse. Jamais repris ailleurs que dans des discours politiques et partisans. Et dans un champ de compétence exclusif du Québec, la santé. Et qui se résume à signifier que le Québec a signé sur une feuille séparée la même entente que celle conclue et signée de manière regroupée par les autres provinces du Canada. Le CONSEIL DE LA FÉDÉRATION! Rien d’autre que le vieux club des premiers ministres subalternes se réunissant plus systématiquement … pour se plaindre. Etc. Etc.

Ils sont forts ces fédéralistes pour manier les mots et créer des impressions de changement afin de s’assurer que rien ne bouge sur le fond des choses. Au débat des chefs, Charest a peut-être trébuché. Mais le show de boucane est annoncé. À l’affiche, La statue du Québec. (en lieu et place du Pays du Québec). Entrez! Entrez! Sinon,

Votez! Votez!

Voter pour punir

25 novembre 2008

Par Gérald Larose président du Conseil de la souveraineté du Québec

Cette campagne ne devait pas avoir lieu. Le parti libéral trônait à l’Assemblée nationale. L’ADQ n’était que l’ombre d’elle-même. Le PQ était en réorganisation. Personne ne menaçait personne. Le peuple québécois venait de se farcir l’élection fédérale. Il avait suivi avec attention l’élection américaine. Il voulait prendre un peu de distance. Se reposer de la joute partisane. Voir venir un peu. Que non! Charest y a vu une extraordinaire opportunité de profiter de ce temps mort pour se gagner une majorité à même l’écœurement, la désaffection et le cynisme de la population.

Voilà pourquoi, dès son lancement, cette campagne a piqué du nez. Et elle n’a jamais levé car l’enjeu identifié par celui-là même qui l’a déclenchée est hors de portée. Personne ne croit que c’est une province qui peut venir à bout d’une crise de l’ordre de celle qu’on nous annonce. Où sont les leviers? Où sont les ressources? Qui gèrent les relations? Quels sont les forums? Qui y participent? Le Québec est loin de ce trafic comme le sont toutes les provinces du Canada ou du monde. La régulation internationale est affaire de pays comme l’est la conduite des affaires économiques dans des contextes de graves tourmentes nationales. Et curieusement le gouvernement du pays auquel le Québec appartient vient de préciser que dans la gestion de cette crise il ne se passerait rien avant l’annonce du budget.

Au Québec, le temps d’une campagne « provinciale », les politiciens libéraux font semblant de s’exciter sur l’économie. Le peuple a la conviction intime qu’on rit de lui. Parce que c’est dans un pays, le Canada, que les choses sérieuses se passent. Parce qu’en plus, dans ce pays, ça se passera uniquement dans trois mois. Et qu’en bout de ligne, ça se passera en fonction de ses intérêts économiques. Le reste c’est de la “broue”. « Cessez de nous écœurer ». Il existe donc une tentation énorme de faire un bras d’honneur au processus électoral lui-même. Très malheureusement, ce serait donner raison à Jean Charest. Il ne le faut pas. Résistons. Levons-nous. Et allons voter pour punir celui-là même qui nous a lancés sur ce mur.

Signer un « contrat moral ? » Une autre patente !

3 novembre 2008

Par Gérald Larose

président Conseil de la souveraineté du Québec

Mettre la table! Une subvention ici. Une annonce de politique là. Presser le pas pour déclencher les élections. C’est dans ce contexte que Madame James, ministre de l’immigration du Québec, a annoncé l’intention de son ministère de faire signer un contrat moral à celles et à ceux qui souhaiteraient immigrer chez nous. En guise de suite au rapport Bouchard-Taylor. La méthode est douteuse. Le contenu, suspect. Le résultat nul, prévisible. Par contre l’objectif est clair : leurrer.

Pendant un an le Québec s’est astreint à un débat de société d’une rare qualité démocratique. Le rapport qui en émergea fut nettement en deca des attentes exprimées. Les contredisant même en déclinant habilement en territoire québécois la vision canadienne du multiculturalisme. Cependant, cela étant, le rapport méritait que les élus s’en emparassent. Nullement. À la veille d’une élection qu’il déclenchera lui-même le gouvernement libéral tente plutôt d’enterrer définitivement ce rapport par une proposition de « contrat moral » qui jette sur l’ensemble des candidats à l’immigration le soupçon que d’entrée de jeu, ils ne sont pas au diapason des valeurs et des pratiques du Québec. Et le Canada d’embrayer à nouveau pour dégobiller sur le Québec. « Voyez comme ils sont racistes »!

Partout dans le monde les nouveaux arrivants s’intègrent à des pays et non pas à des provinces. Le Québec n’est pas un pays. Pour favoriser l’intégration, bien que province, il fait des efforts. Parfois colossaux. Au chapitre de la langue notamment, avec la charte de la langue française. En dépit de cet investissement, force est de constater qu’il n’a pas encore réussi à franchir la barre des 50% dans l’intégration en français des personnes qui n’ont pas cette langue comme langue d’origine. Alors qu’au Canada ça se fait en anglais dans 99,7% des cas! Faut-il en dire plus? La proposition d’un « contrat moral » c’est pour faire semblant. C’est pour leurrer. Le véritable enjeu de l’avenir du peuple québécois est sa structure politique autonome. C’est lorsque le Québec sera un pays que celles et ceux qui viendront le rejoindre sauront qu’il sera là pour toujours et qu’il vaut mieux s’y intégrer totalement.

Des menteurs et des valises!

24 octobre 2008

Des menteurs et des valises!

Par Gérald Larose, président

Reconnaissance de la nation québécoise, un siège du Québec à l’UNESCO, règlement du déséquilibre fiscal, fédéralisme d’ouverture, etc. Ou bien le disque conservateur s’est enrayé. Ou bien c’est une tentative d’intoxication. Ou bien c’est une gigantesque fumisterie. Qu’y a-t-il derrière les mots?

Reconnaissance de la nation québécoise? Qu’y a-t-il de changer dans les papiers (constitution, lois, règlements, etc.)? Rien. Qu’y a-t-il de changer dans les pratiques gouvernementales fédérales (préséance de la charte de la langue française, intégration des immigrants, représentation exclusive du Québec par lui-même, etc.)? Rien.

Un siège du Québec à l’UNESCO? Consultez le site de l’UNESCO et vous vous verrez que le Québec n’y figure pas.

Déséquilibre fiscal? Y a-t-il eu un réaménagement des sources de revenus entre le fédéral et le Québec? Le quémandage du gouvernement du Québec a-t-il cessé? Au contraire. Pas plus tard que vendredi dernier, le premier ministre du Québec rééditait encore la traditionnelle démarche de quête envers Ottawa. Cette fois-ci en matière de culture, compétence québécoise s’il en est une!

Fédéralisme d’ouverture? A part les mots? Rien que des mots! Toujours les mêmes! Comme disait la chanson. Et surtout, aucune conséquence! Alors il nous faut conclure que ces gens sont des menteurs. Ils annoncent mais savent qu’ils ne livreront pas la marchandise. Car la population canadienne est foncièrement contre (à 72%) toute reconnaissance et traitement particulier du Québec. Ils sont menteurs et prennent les Québécoises et les Québécois pour des valises.