1- Il est anormal qu’une nation vive sous la tutelle d’une autre

Les nations comme les individus ont la vocation d’être libres et indépendants, deux conditions de leur épanouissement.

En 50 ans, plus d’une centaine de nations se sont libérées de leur tuteur pour acquérir leur souveraineté. On compte maintenant 194 pays.

Dans les Amériques, le Québec est une des dernières nations, disposant des capacités pour le faire, à ne pas se constituer en pays souverain. Une anormalité à corriger.

2- Le « nation building » canadien s’impose au quotidien du Québec

145 ans après la Confédération canadienne, il ne se trouve plus aucune compétence exclusive au Québec qui ne soit envahie par le Canada.

Sous prétexte de protéger ces compétences exclusives en y balisant la présence du gouvernement fédéral, la Cour suprême du Canada a légitimé toutes les invasions fédérales dans les pouvoirs du Québec, y compris la Constitution de 1982 qui, bien que rejetée par l’Assemblée nationale du Québec, s’applique au Québec!

3- Les blocages politiques et constitutionnels restreignent le développement du Québec.

La mondialisation interroge les États-nations. Non pour les éliminer, mais pour les rendre plus efficaces. Réponse des États-nation, peu importe leur taille : la concertation, la négociation, le choix stratégique des créneaux, les approches souples, les applications rapides des accords bilatéraux, multilatéraux, continentaux ou mondiaux.

Le Québec évolue dans cette pratique, mais il lui manque l’autorité sur tous ses leviers et le pouvoir d’agir dans les ensembles supranationaux et continentaux qui règlementent les échanges et arbitrent les litiges, ce qui est normalement une prérogative de l’État-nation.

4- Résister ne suffit plus

Pour vivre, tirer son épingle du jeu et rayonner aujourd’hui dans l’espace mondialisé une nation doit se libérer des tutelles et maîtriser toutes ses ressources, tous ses pouvoirs et tous ses traités.

Le Québec possède des atouts exceptionnels. Il est fait partie d’un très grand marché. Le traité de libre-échange Canada/États-Unis/Mexique lui donne accès à un très vaste marché prospère. Le Québec est au carrefour de l’Amérique et de l’Europe.

Sa population est plus bilingue et trilingue que n’importe quelle autre sur le continent. Les nouvelles technologies de l’information et des communications sont profondément implantées dans tous ses milieux. Sa main d’œuvre est compétente et recherchée. Sa société civile est bien organisée. Ses économies classique, sociale et de proximité fleurissent et performent.

Sa démographie est plurielle. Ses pratiques démocratiques sont exemplaires. Ses sensibilités environnementales, pacifistes et de solidarité sociale intéressantes. Il a de multiples antennes sur le monde. Sa culture rayonne. Ses entreprises aussi. Il occupe le seizième plus grand territoire. Il est le soixante-troisième plus peuplé.

Et aucun des 125 pays nés depuis la création des Nations Unies n’était plus équipé, diversifié, en paix et riche que lui. Le Québec est formidablement équipé pour assumer la totalité de son destin. Celui de participer de plain-pied à l’aventure de l’humanité.

5- La liberté et la démocratie ne sont jamais données.

Elles jaillissent de la mobilisation des forces vives d’une nation.

Les mobilisations lors des référendums sur l’avenir du Québec en 1980 et 1995 nous ont mené au seuil de l’indépendance. En 1995, 94% de la population du Québec a voté et 49,4% d’entre eux et 61 % de francophones ont voté pour l’indépendance.

Les grandes mobilisations du printemps 2012 pour l’accessibilité à l’éducation et pour la sauvegarde de la planète nous montrent que la liberté par la mobilisation démocratique est possible à court terme.

6- Les États généraux sont un temps fort d’écoute et de réflexion citoyenne.

C’est également un moment importants de concertation et d’unification des forces souverainistes du Québec.

Jamais, dans l’histoire coloniale du Canada, le cadre politique prévalant n’a été le fruit d’une décision du peuple. Il a toujours été imposé par le haut, résultat d’ententes entre élites politiques.

Celui de 1982 n’a pas fait exception, sauf que cette fois-là, personne au Québec ne l’a avalisé, y compris les élites politiques. Dans le combat politique pour l’avenir du Québec, la voix du peuple est déterminante.

À terme, elle sera l’autorité. Les États généraux se veulent une pièce importante dans la construction du rapport de force qui conduira le Québec à se pourvoir de la structure politique nécessaire à son inscription dans le concert des nations, soit un État souverain, indépendant.