Ce plan d’action a été adopté par l’assemblée générale (autrefois « Conseil général ») le 8 juin 2013. Il remplace celui mai 2011.

Les objectifs du précédent plan ont été en bonne partie atteints par le lancement des États généraux sur la souveraineté au début de 2012 et l’extraordinaire succès de la grande assemblée du 6 avril 2013 à laquelle ont participé 630 citoyens indépendantistes, militants ou non des principaux partis et mouvements. Également, la participation à un haut niveau de la direction des quatre principaux partis politiques souverainistes a contribué à élargir la concertation au sein du vaste mouvement souverainiste.

Le présent plan d’action vise à accélérer cette évolution par la transformation du conseil en une organisation permanente de la société civile, dotées de moyens accrus, ayant pour mandat de concerter les forces des différentes organisations pour mettre l’indépendance au cœur du débat public.

Le texte tient compte à la fois des suggestions recueillies lors de la tournée des États généraux en 2012 et des travaux des ateliers et de la plénière lors de l’assemblée du 6 avril dernier sur le thème de l’action politique.

Le plan regroupe un ensemble d’éléments d’action politique autour de cinq grands objectifs. Il sera opérationnalisé par le nouveau Conseil d’administration qui y a été élu. Ce dernier en fixera les priorités tout en échelonnant les activités au cours de l’année 2013-2014.

Gilbert Paquette, Président du CSQ, 10 juin 2013

Objectifs et activités

 

1. Transformer le CSQ en une organisation permanente de la société civile

1.1 En élargissant l’Assemblée générale à un Congrès général regroupant des représentants de toutes les organisations et des citoyennes et citoyens qui appuient l’émancipation nationale du peuple québécois. Le Congrès général se réunira, au moins à tous les deux ans pour tracer les grandes orientations. Le premier Congrès de la nouvelle organisation se réunira au début de 2014.

1.2 En élargissant l’Assemblée générale et le Conseil d’administration à des représentants des principaux mouvements sociaux ou indépendantistes; et en confiant au nouveau Conseil d’administration un rôle d’information, de formation, de concertation et de mobilisation des organisations et des citoyens;

1.3 En appuyant les initiatives d’action politique des organisations membres, en s’y associant dans certaines cas sur résolution du CA et en obtenant la participation d’autres organismes lorsque souhaité par l’organisation initiatrice;

1.4 En s’affirmant comme réseau incontournable des forces indépendantistes en partenariat avec les autres organisations comme le MNQ, le réseau Cap sur l’indépendance, etc., pour se concerter et s’unir dans des actions qui serviront l’objectif commun qu’est l’indépendance de la nation.

1.5 En invitant les organismes des régions, les instances régionales des organisations nationales et les citoyens à participer aux travaux des tables régionales, à animer une prise en charge collective de la question nationale et à organiser des actions appropriées à chaque région, tout en appuyant les actions nationales initiées par le Conseil d’administration.

2. Réussir la phase II des États généraux sur la souveraineté

2.1 En soutenant financièrement et en organisant les activités de la Commission nationale des États généraux et les deux chantiers de la phase II, et en intégrant ces activités aux plans d’action national et régionaux;

2.2 En démarrant un ensemble de travaux et de consultations visant à proposer au peuple québécois et éventuellement à l’Assemblée Nationale les modalités d’une démarche constituante par lequel le peuple québécois se dotera de sa propre constitution, ainsi que les grands principes devant guider la rédaction de cette future constitution du Québec (chantier 1);

2.3 En réalisant les études, les analyses, les consultations nationales ou régionales, et les mobilisations sur les thèmes suivants: l’impact de l’indépendance sur la création de la richesse et l’économie des régions, l’effet collectif ou individuel de la récupération des pouvoirs fiscaux, l’intégration des pouvoirs fédéraux en matière de transport et de développement durable, la négociation des ententes internationales en matière de souveraineté et de sécurité alimentaire, l’impact de l’indépendance sur les politiques de la main-d’œuvre, de la culture et des communications (chantier 2).

3. Alimenter le débat public sur l’indépendance

3.1 En mettant en place un comité national de communication politique d’ici septembre 2013, dont le mandat sera :

3.1.1 de préparer une stratégie de communication proactive liant l’indépendance aux débats de société et aux projets faisant l’objet d’une large consensus au Québec;

3.1.2 de diffuser les résultats des travaux de la Commission nationale des ÉGS portant sur la démarche constituante et les impacts économiques de la souveraineté;

3.1.3 de renouveler les outils de communication du Conseil avec les militants et la population : sites, pages Web, WebTV, conférences vidéos et audio, etc. et de préparer des prises de positions dans les divers médias;

3.1.4 de faire une veille des médias pour contrer la désinformation en mettant en place une équipe de diffusion dans les mass média et les médias sociaux, notamment une équipe « ligne ouverte » et une équipe « blogues et lettres au lecteur ».

3.2 La stratégie de communication doit permettre de reprendre l’offensive en martelant les idées fortes de la logique indépendantiste, en lien avec l’actualité (voir en annexe les thèmes retenus en 2011 par le Conseil);

3.3 La stratégie de communication doit renouveler le discours et l’argumentaire pour rejoindre les non convaincus, en mettant l’accent sur la liberté collective et sur les projets que l’indépendance peut permettre de réaliser plutôt que sur les blocages du régime, sur l’avenir plutôt que sur le passé;

3.4 La stratégie de communication doit identifier, soit par une enquête d’opinion, soit autrement, les motivations de l’attachement de nombreux citoyens à la fédération canadienne de manière à définir nos arguments visant à déconstruire ces motivations.

Principaux messages à véhiculer

  • L’indépendance est indispensable pour mettre fin à la situation du Québec comme nation annexée au sein du Canada et aux luttes défensives à l’égard de décisions déjà prises par le peuple québécois et ses représentants (Ex: la loi 101).
  • L’indépendance est nécessaire pour que les Québécois et les Québécoises décident par eux-mêmes des mesures qui les concernent quant à l’avenir du français et de la culture québécoise, à l’indépendance énergétique, au développement durable, aux écarts de richesse, et au contenu de nos traités internationaux.
  • L’indépendance du Québec est urgente. C’est une question de liberté pour le dernier peuple en Amérique à ne pas diriger ses propres affaires. Le régime politique canadien ne peut être réformé (sondage Bloc-IPSO), le rapatriement de nos compétences, de nos budgets et de nos relations internationales dépend d’un rapport de force qu’il faut construire.
  • L’indépendance du Québec est réalisable car elle ne dépend que de la volonté majoritaire du peuple québécois et non de l’accord du Canada.
  • La souveraineté du Québec, pour se constituer sur les bases les plus solides et les plus démocratiques, doit s’appuyer sur une société civile engagée, agissante, se comportant comme un acteur incontournable de la définition de l’avenir de la nation québécoise.

4. Entreprendre des actions concertées de mobilisation et d’action politique

4.1 En mettant en place un comité national de mobilisation et d’action politique, d’ici septembre 2013, dont le mandat sera :

4.1.1 de compléter le réseau des tables régionales, de les appuyer dans l’inventaire des organisations, des personnes, des médias et des évènements dans la région ainsi que dans la définition et la réalisation d’un plan d’action politique régional;

4.1.2 d’organiser des rencontres sectorielles auprès des mouvements sociaux et des sorties médiatiques communes avec les organisations syndicales, écologistes, étudiantes, féministes, ethnoculturelles, etc.;

4.1.3 d’organiser des évènements et des actions de masse ciblée sur quelques enjeux et qui ont un lien direct avec les recommandations et les travaux de la Commission nationale des États généraux sur la souveraineté (chantiers 1 et 2): pétitions d’appui à la loi 99, campagne de panneaux-balcons « un nouveau pays pour le monde » et d’autocollants « souverainistes à bord »; marches et rassemblements publics, etc.;

4.1.4 d’organiser des tournées de personnalités indépendantistes dans les régions pour rejoindre les indécis et les sympathisants démobilisés;

4.2 En mettant en place des activités d’éducation populaire et en formant des multiplicateurs pour rejoindre les citoyens en dehors des cercles indépendantistes.

5. Réunir un financement stable

5.1 En réalisant une campagne annuelle de financement public; cette campagne sera lancée au moment de l’assemblée générale du 8 juin, en privilégiant une approche par versements mensuels provenant de sources diversifiées;

5.2 En tenant périodiquement des activités nationales et régionales ponctuelles de financement telles que cocktail-bénéfices, diners champêtres, financement lors des évènements régionaux et autres.

5.3 En mettant en place un comité de travail pour la création d’un Fonds pour l’indépendance nationale auquel souscriraient les organisations, les partis politiques et les citoyens.