Louise Harel. Quel scandale! Quel scandale?

Par Gérald Larose, président

Elle est unilingue! Et elle veut se présenter à la mairie de Montréal. Quel scandale! Il est unilingue et il a été élu maire d’Ottawa. Quel scandale? À chaque fois on se surprend à constater que « ces gens-là, monsieur » » (pour reprendre une expression de Jacques Brel dans « Les bourgeois » - et ils en sont!) ont une indignation à deux gabarits.

La presse anglophone s’est déchainée. Il ne lui en faut pas beaucoup pour que son racisme suintant remonte à la surface. Louise Harel, « le monstre… l’idiote…que seul Mom Boucher dépasserait comme repoussoir de Gérald Tremblay… etc. » ose poser sa candidature à la marie de Montréal! Quel scandale! « Elle ne parle pas l’anglais. C’est une impolitesse » éructe Peter Trent, ancien maire de Westmount. Haro!

Est-Il nécessaire de rappeler qu’au Québec le français est la langue officielle, publique, commune, normale et habituelle de l’État, de l’administration, du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires. Le Québec est français! Montréal aussi! Il est vrai qu’il y a un décalage entre l’affirmation de la loi 101 et la réalité du Québec et de Montréal en particulier. En dépit de cela 87% des Montréalais ont une connaissance du français. 60% le parlent à la maison. 19% parlent plutôt l’anglais. Et 21% y parlent une autre langue que le français et l’anglais, ce qui est moindre que l’anglais. Quel scandale y a-t-il à élire dans une métropole une maire qui parle la langue que comprennent 87% de ses commettants dans un État qui a déclaré cette langue officielle, publique, commune, normale et habituelle?

Alors qu’il n’y a pas de scandale à Ottawa? Une capitale d’un pays bilingue où vivent 17,7 de locuteurs français. Où comme toujours, c’est un unilingue anglais qui a posé sa candidature et qui a été élu maire. Sans que cela ne soulève quelque vague que ce soit.

Ainsi donc il est scandaleux à une unilingue française de poser sa candidature dans la métropole d’un État français et acceptable pour un unilingue anglais d’être élu maire d’une capitale d’un pays bilingue. Chercher l’erreur! Ce Québec est colonisé, maintenu qu’il est dans un cadre dont il ne s’est pas encore libéré.

5 commentaires pour “Louise Harel. Quel scandale! Quel scandale?”

  1. Suzanne Groulx dit :

    La Gazette devrait être poursuivie pour incitation à la haine…. et déménagée en Ontario tout comme l’a été leur bon ami Howard Galganov. Des indésirables, voilà ce qu’ils sont… et tous les autres qui tiennent de tels propos.

  2. francois Lamoureux dit :

    Dire qu’on nous traite de sectaire, replié sur nous même et d’intolérant, etc.
    Tout ce qu’ils disent sur nous, c’est une projection de leur propre images de ce qu’ils sont eux même.

    Deux poids deux mesures.

  3. Denis Cadieux dit :

    Et aussi, combien de politiciens peuvent se vanter, tous partis confondus, que ce soit fédéral, provincial, ou municipal, d’avoir un CV aussi propre que Louise Harel. Aucune gaffe politique ou personnelle en toutes ces années de carrière. Des gros ministères. Peut-on voir la qualité de la personne politique? On peut compter sur les doigts de la main, le nombre de personnalités politiques qui ont un dossier aussi reluisant que Mme Harel. Quand on pense à Louise Harel, on pense à intégrité, compétence, expérience, sang froid, accessibilité.

    Denis Cadieux

  4. Bernard Chevalier dit :

    M.Larose,

    Je dois être un “colonisé” moi aussi….je trouve inacceptable autant pour le maire d’Ottawa ( 17% de francophones) que pour une candidate à la mairie de Montréal ( 40% d’anglophones…ne vous en déplaise , même si la majorité d’entre eux sont bilingues- surout les 50 ans et moins) de ne pas parler la langue seconde qui a été historiquement présente dans leur ville;
    Parler l’anglais , malgré votre dogmatisme , ne veut pas dire “s’assilimiler” ou négligez sa propre culture ( comme le font de nombreux Suédois), c’est simplement une question de respect et d’ouverture. Et de surcroit, être maire de Montréal n’est pas la même chose qu’être maire de Rimouski….le maire de Montréal doit nous représenter à l’étranger - et même si vous voulez sans doute le nier par idéalogie - la connaissance de l’anglais à l’échelle planétaire est une richesse ….pas la soumission devant les anglo-saxons comme votre idéologie passéiste semble le laissez croire…ainsi donc , tous ces parents qui veulent que leurs enfants deviennent bilingues ou trilingues au Québec seraient tous des “colonisés” ?
    Je suis fier de ma culture et de ma langue , mais le fait de parler une seconde langue - que ce soit pour moi , mes enfants ou un politicien - est un atout…mais je prêche sans doute dans le désert avec vous !

    J.Chartrand
    Montréal

  5. Sylvie Tremblay dit :

    L’anglais prend une place de plus en plus grande à Montréal (c’est sans parler des Cantons de l’Est et de l’Outaouais). Mes collègues allophones parlent anglais entre eux au travail (au gouvernement du Québec à part ça!). Le gouvernement ne fait rien pour donner du pouvoir à la Loi 101 et rien pour promouvoir le français chez les nouveaux arrivants. Ils peuvent envoyer leurs enfants à l’école anglaise facilement et si non, dès le collégial, ils ont le choix. Et comme les cégeps et universités anglophones ont de bien meilleurs financements que les francophones, ils vont vers l’anglais et ne comprennent pas la lutte que nous menons, pauvres colonisés que nous sommes… C’est décourageant.
    Mme Harel est un exemple d’intégrité, de démocratie et de dévouement que tous les politiciens devraient suivre, en commençant par les anglophones. Ils poussent les hauts cris comme des vierges offensées alors qu’ils n’ont pas à se plaindre. Ils reçoivent le plus gros des subventions aux minorités au Canada pour défendre leur langue alors qu’elle n’est pas du tout en danger. Le Canada se sert de mes impôts pour subventionner 80% de la fête du Canada au Québec et 20% dans les autres provinces. Pour me faire entrer le fédéralisme dans le gosier de force? Pendant ce temps-là, nos jeunes québécois vont se faire tuer dans leur guerre économique.
    J’espère que Mme Harel sera élue. Pour le bien de Montréal. Et les anglos se plaignent, mais ce n’est pas parce qu’elle ne parle pas anglais. C’est parce qu’elle les obligera à partager leurs richesses et leurs privilèges de bien nantis, avec les quartiers plus pauvres de la ville…

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