Archive pour la catégorie 'Général'

Les invasions américaines

Lundi 22 septembre 2008

Les invasions américaines

Par Gérald Larose,

président

Si les conservateurs avaient été au pouvoir et majoritaires, de jeunes québécois se feraient tués en Irak Comme les Américains! Bien que les conservateurs soient minoritaires au pouvoir, partis pour aider les Afghans à pacifier leurs régions et à reconstruire leur pays, les jeunes québécois se font maintenant tuer à faire la guerre. Comme les Américains! Ils sont arrivés aux affaires avec des surplus importants, les conservateurs les ont liquidés dans des dépenses militaires faramineuses. Comme les Américains!

Le Québec souhaitait un plus grand contrôle des armes à feu, les conservateurs ont élargi leur circulation. Comme les Américains! Le Québec réduisait la délinquance par la prévention et la réhabilitation, les conservateurs ont préféré ajouter des policiers et durcir la répression. Comme les Américains! Les Canadiens se croyaient protégés par leur charte et les conventions internationales, les conservateurs ont approuvé les tortures et le sort innommable imposé à un enfant soldat croupissant à Guantanamo. Comme le veulent les Américains!

Le Québec voulait signer le protocole de Kyoto, les conservateurs ont déchiré la signature du Canada. Comme les Américains! Les femmes, les minorités, le mouvement associatif et les artistes nourrissent le tissu social citoyen, démocratique et solidaire, les conservateurs ont sabré dans leurs programmes de soutien. Comme les Américains! Gavés de valeurs individualistes, marchandes et rétrogrades, l’organisation des conservateurs pullule d’éléments religieux fondamentalistes. Comme les républicains américains!

Avançant lourdement sans dévoiler leur véritable projet de société, les conservateurs font campagne en multipliant les manœuvre de diversion. Comme les Américains! La dernière, le coût de la députation bloquiste à Ottawa. De la publicité négative. Comme les Américains!

Le Québec ne mangera pas de ce pain. Depuis 18 ans, sans qu’il nous en coûte plus cher, nous votons Bloc. Pas par distraction, turpitude ou insuffisance intellectuelle. Mais très précisément pour ne plus nous faire voler notre identité, notre légitimité et notre rapport de force dans un pays qui ne nous a jamais reconnus autrement que comme une tribu. Avant le Bloc, il n’y avait personne pour défendre les intérêts et les consensus du Québec. Tous les partis, sans exception, ont défendu d’abord et avant tout le Canada. Avec les résultats historiques que nous avons connus. Le comble : le rejet du Québec de la constitution de 1982.

Comme les Américains, les conservateurs méprisent les électeurs, le politique et la démocratie. Comme les Américains, ils postulent que les électeurs et les électrices que nous sommes sont épais, crédules et sans projet. Le Québec n’est pas le Canada. Encore moins les USA. Et les invasions américaines n’y changeront rien.

Urgence! Barrer la route!

Dimanche 14 septembre 2008

 

Gérald Larose, président

 

À l’occasion de la campagne présidentielle, on ne se lasse pas de découvrir jusqu’à quel point l’administration Bush est tombée bas dans l’opinion des Américains. Nous sommes à l’aube d’un changement longtemps attendu au Sud de la frontière.

Alors que les Américains sont en train de dire adieu à une administration qui les a si mal servis, au Canada et au Québec le «bruit de fond » voudrait qu’une majorité soit possiblement donnée à un parti et à un chef qui prônent les mêmes valeurs, la même idéologie et les mêmes pratiques que l’administration Bush! Nous nous surprenons à constater que le dire pose des problèmes à quelques commentateurs. Plutôt bizarre! Et pourtant.

Le gouvernement Harper, à l’instar de l’administration Bush, s’est lancé dans la plus fantastique orgie de dépenses militaires que nous avons pu voir au Canada dans les trente dernières années. Le dernier budget et les communiqués du gouvernement nous le disent en toutes lettres. Et cela en étant un gouvernement minoritaire. Imagine-t-on le résultat si ce même gouvernement avait été majoritaire? Majoritaire, si à l’époque il avait été chef de gouvernement, Stephen Harper aurait entraîné le Canada et donc le Québec dans la guerre en Irak. C’était son plaidoyer tout net, tout clair. On exagèrerait en disant que ce politicien est capable d’aveuglement idéologique?

Quel était le programme des conservateurs, dont la majorité est encore réformiste, relativement au registre des armes à feu? L’abolition avec comme conséquence la libre circulation des armes à feu. Ils ne l’ont pas aboli parce qu’ils n’étaient pas majoritaires. Majoritaires, ils ne le feront pas?

Stephen Harper et son parti ont tout fait pour saboter Kyoto. S’en trouve-t-il pour contester ce fait. Personne car lui-même a écrit que « Kyoto était un complot socialiste? Délire-t-on en indiquant que si ce gouvernement devient majoritaire, c’est la volonté des pétrolières qui va s’appliquer.

Et ainsi de suite sur à peu près toutes les questions. C’est parce qu’ils étaient minoritaires qu’ils n’ont pas pu imposer C-484 qui attaquait le droit des femmes en criminalisant à nouveau indirectement l’avortement. En cette matière Bush s’y prend autrement mais l’objectif est le même.

Des commentateurs se disent surpris du ton qu’emprunte la campagne électorale? Ils devraient l’être davantage par l’habilité qu’a ce chef de gouvernement belliqueux de se faire passer pour un modéré alors que c’est sa condition de minoritaire qui l’a forcé à l’être. Pour aucune considération il ne faut souhaiter qu’il soit majoritaire. Le Bloc doit lui barrer la route au Québec. Au Canada, souhaitons que les libéraux, les verts et les néo-démocrates en fassent autant.

Des élections au Canada ! On s’en fout ?

Dimanche 7 septembre 2008

Par Gérald Larose, président

« On s’en fout ! C’est au Québec que ça se passera ! On devrait y consacrer toutes les énergies. » Sous entendu : « Le combat électoral canadien ne serait d’aucun intérêt. Nous avons trop à faire ici. Le Bloc Québécois devrait faire ses valises et se ramener au Québec. » Mauvaise analyse. Fausse perspective.

Le combat pour la souveraineté du Québec est un combat politique et démocratique. Politique au sens où c’est un enjeu de pouvoir. Et dans ce cas-ci, y compris de pouvoir d’État. Démocratique au sens où ce sont les voix populaires qui en disposent. Et dans ce cas-ci, le Canada sollicite les mêmes. Le combat pour la souveraineté est un combat concret, sur un territoire réel, opposant deux camps. Faire comme si c’était autre chose, c’est errer dramatiquement.

Le Canada se joue des 41 milliards $ de nos impôts et de nos taxes. Il veut toujours nous rendre plus dépendants de lui dans l’exercice de nos propres juridictions. Il n’hésite même pas à détourner notre propre histoire, allant jusqu’à la masquer pour embellir la sienne. Depuis 249 ans, le Canada est dans son processus de Nation Building. Jusqu’en 1990 il l’a fait allègrement avec la légitimité d’une députation qui lui était dédiée. Aujourd’hui, il est forcé de le faire sans. Une contrainte qui entache de façon radicale la crédibilité de son propre projet. Une condition qui prépare plus assurément son alternative : la souveraineté du Québec.

L’ESPOIR

Dimanche 31 août 2008

Par Gérald Larose, président

« Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise… ». L’immense succès du rassemblement de plus de 2000 artistes de toutes disciplines à Montréal, le 27 août, nous semble un signal assez clair que l’approche idéologique du gouvernement Harper en matière de soutien à la culture a fini par dégoûter pas mal de monde.

Cette manifestation inhabituelle est une indication que le traitement réservé par ce gouvernement à la culture depuis son élection a fini par faire monter une colère qui, sourde jusque-là, a commencé à s’exprimer avec force. Les indications à l’effet que ce ne sera pas un feu de paille sont nombreuses.

Michel Tremblay a raison quand il dit que sur cette question, on ne peut pas douter de la sincérité des conservateurs et que c’est justement ce qui lui fait le plus peur. Ce qu’exprimait fort bien une pancarte lors de la manifestation : ART-PEUR !

Les conservateurs, maîtres actuels du jeu fédéraliste canadien, savent ce que représente la culture comme expression d’un peuple. Un peuple qui se dit et qui s’exprime est un peuple qui chemine. Leurs coupures ne sont pas innocentes. Le Québec est dans la mire.

« Une querelle de guenille ! »

Vendredi 15 août 2008

par Gérald Larose, président

Ainsi s’exprime Michèle Courchesne, ministre québécoise de la jeunesse et des sports, en parlant du drapeau de l’État qu’elle est sensée servir. En aurait-elle dit autant du drapeau du Canada ? Du drapeau des Jeux olympiques ? Du drapeau de n’importe quel autre pays ou organisation ? Assurément non. Pourquoi ce mépris « spontané » à l’endroit d’un symbole majeur de la nation québécoise ? Comment l’expliquer ? Péter les plombs dans la salle de presse de la tribune parlementaire est venu accréditer la thèse du lapsus « qui ne ment pas ». Madame Courchesne, elle qui outre sa responsabilité ministérielle est familialement impliquée dans les joutes internationales, sait fort bien, et sans doute mieux que quiconque, la place et le rôle que jouent les drapeaux nationaux dans ces activités. Ils identifient et nomment. Ils sont la manifestation symbolique de ce qui rassemble et distingue. Et dans les sports ils hiérarchisent, reconnaissent et félicitent. Résultat : dans le cadre des Jeux olympiques, les collectifs représentés par les drapeaux grandissent en cohésion, en solidarité et en volonté de performer davantage.

Madame Courchesne ne disconvient certainement pas de la finalité des drapeaux. Son « lapsus » nomme la collectivité à laquelle elle s’identifie : Canada plutôt que Québec. Avec une charge émotive qui n’étonne pas chez celles et ceux qui se considèrent inconditionnellement canadiens. Si les Michèle Courchesne du Québec devaient gouverner longtemps, leur « lapsus » nous annonce déjà le sort qui nous attend quand le Canada voudra s’établir à demeure au Québec.

LA PATIENCE

Vendredi 18 juillet 2008

Par Gérald Larose, président

S’il est vrai, comme l’a déjà dit Ho Chi Minh, que la patience est la principale vertu d’un révolutionnaire, on pourrait facilement en conclure que les indépendantistes québécois sont des gens particulièrement vertueux…

Dans certains milieux, on s’interroge et on s’inquiète sur ce qui semble, au mieux, un assoupissement de la ferveur indépendantiste. Au pire, une désaffection. Pour quelques-uns, on aurait raté le train de l’histoire? »

Ces interrogations et ces inquiétudes sont légitimes mais « vraisemblablement collées sur la vitre. » Robert Bourassa avait l’habitude de dire que « trois mois en politique est une éternité. » Et qu’il suffisait d’une pelure de banane pour que la dynamique positive tourne au cauchemar. L’actualité est le registre de l’éphémère.

Par contre, la condition objective du Québec elle, n’a pas changé. Ce peuple riche, dynamique, moderne et sous tous les aspects, dans le peloton de tête des nations, n’est toujours pas libre. Il est prisonnier d’une constitution qui lui a été imposée. Il ne peut prendre ses décisions en étant le dernier à les prendre. À la face du monde, il ne peut parler en son nom.

L’indépendance est le puissant ressort qui a toujours fait l’histoire des individus et des sociétés. Les Québécois et les Québécoises y auraient renoncé? Patience! Son train n’est pas passé.

400 ans ! Un génie de création fédéraliste!

Jeudi 3 juillet 2008

par Gérald Larose, président

« C’était il y a quatre siècles. Une poignée de Français intrépides débarquaient sur les rives du Saint-Laurent, apprivoisant cette terre inconnue d’eux et y ancrant une petite société qui, espéraient-ils, allait durer. L’histoire qui s’écrivit ensuite est faite de luttes et de résistance, d’espoir et de courage, d’échecs et de victoires; ce qui est l’histoire d’un peuple. Car, au terme d’une bataille très tôt livrée pour la démocratie et le droit de se diriger elle-même conformément à ses valeurs et à ses traditions, et après un lent mûrissement de son identité toute particulière, la petite société était devenue peuple. »(1)

2008, 400 ans plus tard, des politiciens fédéralistes décident de fêter une ville et non un peuple. Avec beaucoup de panache et même avec l’armée. Mais très peu d’histoire et surtout pas de conflits. Une ville plutôt qu’un territoire de géants. La « vieille capitale » d’un vieux régime plutôt que la « capitale nationale » d’une nation moderne. La souche « canadienne » plutôt que l’ « arbre » québécois. Bref, ils ont instrumentalisé les 400 ans de tout un peuple pour masquer leur propre histoire faite de violences, de tricheries et de volonté ferme de se doter d’une personnalité faite à partir de celle des autres.

Ces fêtes sont grandioses. Nos créateurs sont excellents. Encore une fois, nos sens sont comblés. Sauf celui de l’honnêteté. Nos actuels décideurs politiques fédéralistes se sont commis dans une gigantesque falsification historique de la trajectoire de notre peuple avec comme objectif d’éroder son sentiment de puissance et son goût de liberté. Ils ont détourné la fête du Québec pour celle de Québec. Une tricherie de plus.

(1) introduction de l’argumentaire Aujourd’hui, qu’est-ce que la souveraineté ?