Dans le cadre de la campagne des « 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes » qui débute demain, nous vous présentons la lettre conjointe du Réseau des Citoyennes pour l’indépendance et du Groupe de travail « Autochtones et indépendance » des OUI Québec, envoyée le 22 novembre 2016, en appui aux femmes autochtones de Val-d’Or :

 

Aux femmes autochtones de Val-d’Or

Kwe

Nous vous saluons et nous tenons à vous exprimer toute notre solidarité dans ces moments difficiles que vous traversez. Vous avez manifesté un immense courage tout au long de ce processus; vous avez osé briser le silence et dénoncer les nombreuses violences, surtout de nature sexuelle, dont vous avez été victimes par des policiers de la SQ.

Nous savons avec quelle déception, vous et votre communauté, avez reçu le rapport du DPCP et pour cause ! Vos paroles ont été entendues et crues mais aucune accusation ne sera portée. Même si l’enquête du SPVM a été menée de façon « intègre et impartiale », impossible de ne pas ressentir ici la fracture entre le droit et la justice.

L’observatrice indépendante, Me Fannie Lafontaine, a bien souligné dans son rapport que ce processus est « insuffisant » et elle a mis en lumière les limites du système juridique.  Nous partageons ses principaux constats sur les relations difficiles entre la police et les autochtones et sur l’existence d’un racisme systémique. Sans une reconnaissance, affirme-t-elle, du racisme systémique, les systèmes juridiques pratiquent un type d’objectivité qui perpétue un ordre social inégal que les services de police sont formés pour maintenir. À ce constat nous ajoutons qu’en tant que femmes, vous faites face également à un sexisme tout aussi systémique. Leurs rouages sont étroitement imbriqués l’un avec l’autre.

Cette situation ne peut être balayée  sous le tapis. Nous faisons nôtres votre demande d’enquête québécoise indépendante. Nous pressons le gouvernement du Québec de cesser de s’en laver les mains en référant tout à l’enquête fédérale  et/ou  en mettant de l’avant des mécanismes qui n’ont ni l’indépendance, ni les ressources nécessaires pour aller au fond des choses, rétablir la confiance et nous sortir de la grave crise dans laquelle nous sommes, alors que le principe même d’une justice pour tous et toutes est questionné.

En terminant, sachez que nous voulons d’un pays fondé sur des rapports d’égalité et de respect entre nos nations, exempts de racisme et de sexisme.  Nous serons attentif.ve.s à toutes les demandes de solidarité que vous pourriez formuler et nous participerons aux actions de mobilisation et d’appui qui ne manqueront pas de s’organiser dans les jours à venir.

En toute solidarité,

Claudette Carbonneau, présidente des OUI Québec

Réseau des citoyennes pour l’indépendance du Québec :

Claire Aubin, Anne Arseneau, Johanne Bédard, Micheline Boucher Granger, Claudette Carbonneau, Roxanne Gendron, France Desroches, Ginette Drouin, Lorraine Guay, Lise Labelle, Sylvie Morel, Sylvie Moses

Groupe de travail Autochtones et indépendance :

Marc Gauthier, Josianne Grenier, Pierre Lincourt, Christine Mageau, Louis Rivard,

 

 Cc

Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or

Édith Cloutier, directrice

Femmes autochtones du Québec

Viviane Michel, présidente