4 décembre 2008
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Un gouvernement de coalition
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Un gouvernement de coalition Certains sourient en coin. Au Québec surtout. D’autres poussent des cris d’orfraie. Au Canada beaucoup. La situation politique canadienne produit des innovations imprévues qui incluent des alliances surprenantes. « Intéressant » disent les premiers. « No way » disent les seconds. En cours de campagne certains avaient évoqué l’hypothèse d’un gouvernement de coalition. D’entrée de jeu, dans ce scénario, tous excluaient une contribution du Bloc québécois. Surprise! Le premier décembre dernier, Gilles Duceppe signait un accord avec Stéphane Dion et Jack Layton, son ennemi et son allié préférés! En continuité ou en rupture par rapport à la démarche souverainiste? Les deux. Et pour le mieux! Éminemment politique Oui, l’accord est éminemment politique. Dans son contenu comme dans sa forme. Oui les intérêts du Québec sont autrement mieux servis par cet accord que par l’énoncé économique du gouvernement conservateur. En quatre pages, Québec récupère le milliard qui devait être coupé à la péréquation (coupures Flaherty), les millions qui l’ont été à la culture (coupures Verner), ceux qui l’ont été aux organismes régionaux de développement économique (coupures Blackburn), des engagements pour son secteur forestier, des bonifications pour les chômeurs, un programme pour les travailleurs âgés, l’accélération du programme des infrastructures et un plan sérieux pour s’inscrire dans le plan de Kyoto. En prime disparaîtront les projets de loi sur les jeunes contrevenants et la modification de la représentation à la chambre des communes. Oui, politiquement, le contenu de cet accord est un magistral plus pour le Québec. Tout à fait dans la continuité des politiques publiques promues par le camp souverainiste depuis qu’il assume des responsabilités de pouvoir. À cet égard, le Bloc québécois est fidèle aux convictions de base du mouvement souverainiste pour qui le projet va de pair avec le mieux-être de la nation. Éminemment stratégique Là où l’accord surprend, c’est dans sa forme. Politiquement, le Bloc québécois joue son rapport de force en faveur du Québec en alliance avec deux formations réputées pour leur centralisme. Plus encore, il permet à un des êtres exécrés par les souverainistes et qui a pour nom Stéphane Dion d’assumer la plus haute responsabilité dans la gouvernance fédérale. C’est dire que le Bloc québécois est en plein contrôle de ses moyens et n’a peur de rien. Il porte un projet de fond plus grand que les formations politiques qui le combattent et plus noble que les intervenants publiques qui le méprisent. Mieux, il plante au cœur de la sphère décisionnelle unifoliée du Canada le drapeau fleur de lysé de la nation québécoise en signifiant clairement que son projet est progressiste et qu’il convient de prêter son appui déterminant à celles et à ceux qui veulent libérer leur territoire de l’obscurantisme idéologique, de l’arrogance politique et du laisser-faire économique. Surtout quand ce laisser-faire pénalise en premier lieu durement et durablement le Québec. De bout en bout la souveraineté du Québec est un combat politique. La moitié de ce politique est à Québec. L’autre à Ottawa. Celle du Québec est névralgique. Celle d’Ottawa est stratégique. Y jouer un rôle central est capital. Les événements récents l’illustrent bien. C’est le Bloc qui a empêché l’élection d’un dangereux gouvernement conservateur majoritaire. C’est encore le Bloc qui permet la formation d’un gouvernement alternatif de coalition. En s’assurant au passage que le Québec fasse le plein de plusieurs revendications économiques. Manque à ce tableau, un plan de match crédible d’accession à la souveraineté. À commencer par l’élection d’une gouvernance souverainiste au Québec. À moins que les mêmes cynisme, opportunisme et électoralisme dont fait preuve Jean Charest….!
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