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19 septembre 2008

Texte de Jacques Beaumier paru dans le Devoir le 19 septembre 2008

Au lendemain de l'échec référendaire de 1982, Pierre-Elliott Trudeau avait créé la Commission Macdonald pour qu'elle propose une solution afin de mettre fin à la crise économique et politique que traversait alors le pays. Elle recommanda que le Canada signe un accord de libre-échange avec les États-Unis afin d'ouvrir les marchés entre les deux pays pour accroître la prospérité et donner ainsi au gouvernement canadien la possibilité de se consacrer davantage au renforcement de l'unité nationale. Or, conséquence inattendue, le libre-échange a eu pour effet de disloquer l'économie canadienne en une série d'économies régionales parallèles orientées dans un axe nord-sud, de plus en plus intégré à l'économie américaine. Cette balkanisation de l'économie canadienne s'est rapidement reflétée sur le plan politique.


À la suite des élections fédérales de juin 2004, un éditorialiste de L'Acadie Nouvelle avait fait appel aux députés des Maritimes, qui ne sont que 32 dans une Chambre des communes de 308 sièges, pour qu'ils forment un Bloc atlantique, afin que la région puisse se faire entendre à Ottawa. Après tout, avait-il écrit, qu'on soit député libéral à Terre-Neuve ou au Nouveau-Brunswick, ou député NPD de la Nouvelle-Écosse, «on est avant tout Atlantiquois». Pour sa part, The Telegram de Saint-Jean de Terre-Neuve avait écrit: «Nous sommes peut-être davantage trois et même quatre solitudes -- l'Est, l'Ouest, l'Ontario, le Québec. Le problème, évidemment, est qu'il y a d'énormes différences entre ces solitudes -- entre comment chacune voit les politiques sociales, comment chacune voit la taille et les responsabilités du gouvernement fédéral, et les devoirs d'un tel gouvernement. Et de plus, il y a une différence énorme entre le pouvoir politique respectif de ces solitudes à l'intérieur de notre système politique.»


Les élections de 2006 ont confirmé l'existence de ces blocs malgré la chute des libéraux et les gains conservateurs. L'Ouest est resté fidèle à ces derniers, l'Ontario et l'Atlantique ont continué de soutenir les libéraux, et le Québec est demeuré bloquiste. Alors, si le Canada peine à élire un gouvernement majoritaire, il n'y a pas que le Bloc québécois qui est en cause mais aussi tous ces blocs canadiens qui représentent bien ce que ce pays est devenu. Alors, pourquoi les Québécois devraient-ils abandonner leur Bloc ?